LIVRE DIXIÈME
raient plus que la place de français et de citoyens.
La confiscation des biens du roi , des princes et des princesses fut proposée plusieurs fois alors par les républicains irréfléchis qui assiégeaient le gouvernement provisoire d'injonctions et de conseils, elle y fut unanimement repoussée, les membres du gouvernement ne voulaient à aucun prix fonder la république sur une spoliation et sur une injustice, ils décernèrent seulement en secours alimentaires aux ouvriers sans pain le million arriéré que la nation payait par mois à la royauté. #
Quant à la situation pécuniaire que la république ferait au roi et aux princes, on ajourna de la décréter, jusqu'au moment où le calme aurait rendu tout son sang-froid et toute son équité au peuple, on convint seulement en principe que les biens personnels du roi et des princes resteraient leur propriété inviolable, qu'en cas d'insuffisance, la nation ferait au roi exilé une provision convenable à son rang et au besoin de sa maison ; qu'en cas de fortune personnelle excessive conservée sur le territoire français par le roi ou les princes ses fils , la nation les tiendrait en tutelle pendant les premières années de la fondation du nouveau gouvernement; qu'elle affecterait une partie convenable des revenus à ces princes; qu'elle capitaliserait le reste à leur profit pour leur être remis en toute propriété aussitôt que toute solde de guerre civile par eux, serait
démontrée impossible ; qu'enfin la nation offrirait a la duchesse d'Orléans et à son fils un subside digne du rang qu'elle avait occupé en France et des sentiments qu'elle y avait inspirés. Un homme d'une renommée unanime, M. Lherbette, anciep membre de la Chambre des députés, agréé à la fois par la nation et par la royauté, fut nommé administrateur et liquidateur de ces biens. M. Lherbette refusa par un honorable scrupule. M. Vavin fut supplié d'accepter, chaque fois que la question fut reproduite devant le gouvernement, elle fut traitée et résolue dans ce sens par la majorité du conseil, c'est dans cette pensée et dans ce régime intermédiaire que le gouvernement attendit l'assemblée nationale, elle les adopta en leur donnant l'autorité et la dignité d'un grand peuple.
Lamartine traita plusieurs fois dans ce sens ces questions de propriété privée des princes et des
. princesses avec les ministres d'Espagne et du Brésil . Tout ce qu'on a raconté de l'autre côté de la Manche de la rapacité et de la dureté de la république en-
» vers le roi , les princes , les princesses et les ministres est controuvé. Voilà les proscriptions et les spoliations de son preiffier gouvernement.
Les craintes de guerre civile que la présence du