LIVRE DIXIEME
duc d'Aumale à la tête de l'armée d'Afrique bissait dans les esprits ne tardèrent pas à se dissiper. Le gouvernement avait nommé le général Cavaignac gouverneur général de l'Algérie. Ce nom de Cavaignac était consacré chez les républicains par le souvenir du frère aîné de cet officier. Gode- . froy Cavaignac était un nom à la hauteur du nom de Carrel dans l'opinion républicaine, il était mort avant l'avènement de son idée, son idée portait son deuil, elle lui rendait hommage dans la personne de son frère, le frère était lui-même un officier de renom, il avait su mériter la confiance de l'armée par sa bravoure, et sans répudier les traditions de son frère et les aspirations de sa mère à la république , il avait conquis l'estime et la confiance des princes, la franchise de ses opinions le couvrait , la franchise ne conspire pas. il était incapable de trahir. Le duc d'Aumale, en apprenant l'abdication de son père, adressa à son armée une proclamation et une adresse dignes des premiers temps de la première république, où l'homme s'effaçait devant la patrie. *
« Habitants de l'Al&érie,
a Fidèle à mes devoirs d& citoyen et de soldat, « je suis resté à mon poste tant que j'ai pu croire ma « présence utile au service du pays. Cette situation v< n'existe plup. M. le général Cavaignac est nommé
k gouverneur général de l'Algérie, jusqu'à son « arrivée à Alger les fonctions de gouverneur gé- « néral de l'Algérie par intérim seront remplies par « le général Changarnier.
« Soumis à la volonté nationale, je m'éloigne, u mais du fond de l'exil tous mes vœux seront pour (( votre prospérité et pour la gloire de la France « que j'aurais voulu servir plus longtemps.
« H. d'Orléans. »
<< Le général Changarnier remplira par intérim « les fonctions de gouverneur général jusqu'à « l'arrivée à Alger de M. le général Cavaignac, « nommé gouverneur général de l'Algérie. En me " séparant d'une armée modèle d'honneur et de « courage dans les rangs de laquelle j'ai passé les « plus beaux jours de ma vie, je ne puis que lui « souhaiter de nouveaux succès; une nouvelle car- « rière va peut-être s'ouvrir à sa valeur, elle la « remplira glorieusement j'en ai la ferme croyance.
« Officiers, sous-officiers et soldats, j'avais es- « péré combattre encore avec vous pour la patrie. « cet honneur m'est refusé, mais du fond de l'exil « mon cœur vous suivra partout et vous rappellera « la volonté nationale, elle triomphera de vos « succès, tous ses vœux seront toujours la gloire « et le bonheur de la France.
a H. d'Orléans. »