II
m RÉVOLUTION DE 1848.
ciers, il adoptait au nom de la République tout ce qui servait la patrie*
Ou venait d'adjoindre le ministère de la guerre à celui de la marine, entre les mains de M. Arago. Cet acte du gouvernement avait été une marque de déférence et de confiance méritée envers M. Arago, une injustice envers le général Subervie, une surprise envers quelques-uns des membres du gouvernement, voici comment eut lieu oe changement.
Depuis quelques jours on se plaignait vague* ment du ministre de la guerre,* on supposait que les années du général Subervie pesaient sur son activité, on feignait du moins de le croire, car le général Subervie avait retrouvé pour la République le feu de ses jeunes années. Le motif véritable était plutôt que la nouvelle armée était pressée de répudier les vétérans de l'ancienne armée, les jeunes officiers d'Afrique désiraient sans se l'avouer peut-être prendre dans les conseils du ministère de la guerre l'autorité dominante et exclusive qu'ils espéraient retenir plus complètement sous un ministre étranger à l'armée que sous un vieux général de la République et de l'Empire.
Depuis quelque temps les généraux réunis en conseil de défense affectaient de délibérer en dehors du ministre de la guerre et de communiquer directement et sans son intermédiaire avec le gouvernement. Quelques articles du National, journal