‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 64 sur 244 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

disperser à distance de Paris et des grandes villes, foyer de sédition, quand on le voulut il était trop tard, leur armée s'&levait à quatre-vingt et à cent mille hommes dans Paris, il aurait fallu une autre armée pour les contraindre à évacuer la capitale, on les toléra par humanité et par force, jusqu'à ce que Tépoque révolutionnaire traversée permit au travail privé de réabsorber ces éléments et à la force publique reconstituée d'en dominer le débordement. Tels furent les ateliers nationaux qu'on a présentés comme un système, et qui n'étaient qu'un expédient passager, terrible mais nécessaire. Les hommes prévoyants du gouvernement ne cessaient d'envisager avec crainte le moment où la sédition s'introduirait dans ce noyau de misère et d'oisiveté et où il faudrait le dissoudre par la prudence ou par la force, la sédition ne s'y introduisit qu'après l'arrivée de l'Assemblée nationale à Paris, ce fut l'écueil presque inévitable du premier gouvernement régulier de la République. Nous verrons plus tard comment elle faillit y échouer.

De toutes les institutions républicaines, l'enseignement public et l'institution élémentaire gratuite donnée au peuple était une des plus organiques et des plus vitales. La civilisation d'un peuple est

en germe dans ses institutions d'enseignement, pendant qu'une génération grandit et meurt, une autre génération natt et s'avance »ur ses pas pour la remplacer, les traditions de la première sont le patrimoine de la seconde. L'humanité a ainsi un éternel enfant à instruire et à élever.

Le gouvernement trop préoccupé de la tempête contre laquelle il luttait dehors et dedans , n'avait pas le temps de mûrir en quelques jours et en quelques nuits dilapidés dans les orages de la place publique les plans complets d'une éducation populaire, mais il voulait tenir cette promesse de la République au peuple et préparer la voie à l'Assemblée nationale.

Un homme d'une trempe antique, d'une âme tendre , d'un esprit ferme, méconnu et calomnié depuis pour quelques mots signés imprudemment dans le tumulte de travaux incessants et interprétés par la malignité de l'esprit de parti dans un sens démenti par sa nature et par sa vie entière, M. Carno t fut chargé de cette œuvre. La pensée de la révolution était ce qu'elle devait être, de prodiguer l'enseignement au peuple par une institution enseignante émanant de la République elle-même; de rendre obligatoire la partie élémentaire générale et neutre de cet enseignement, espèce de sens de la lumière intellectuelle qu'une société vraiment morale doit à tous ceux qui naissent dans son sein;

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