‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 73 sur 244 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

étaient surchargés et les incidents d'urgence sans cesse renaissants avec les jours, leur firent souvent négliger ce devoir, quelques bqllejips se glissèrent encore à la faveur de ces négligences et portèrent des scandales et des brandons d'opinion dans les départements, quelques commissaires prirent sagement sur eux d'en interdire l'affiche et la publication dans les communes.

Cependant Paris quoique debout était calme, le gouvernement avait convoqué la France entière aux élections pour le 24 avril. C'était le temps strictement nécessaire pour les opérations matérielles du mécanisme du suffrage universel.

L'attente de cette grande installation de la souveraineté du peuple apaisait la masse des esprits, elle irritait les autres, deux mois de révolution et de dictature à passer encore paraissaient deux siècles. On se flattait dans le parti ultra-révolutionnaire que ces deux mois tourmentés d'événements , de factions diverses, de menaces de guerre à l'extérieur, de troubles et de misères à l'intérieur ne permettraient pas au gouvernement de réaliser ce grand acte. On voyait entre lui et le 24 avril mille abîmes dans lesquels on le précipiterait avant qu'il eût atteint le jour qu'il av^it fixé pbur restituer le pouvoir à la nation.

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