LIVRE ONZIEME
Rome. Ce choix quoique très-libéral n'avait rien de révolutionnaire, il annonçait à la vieille aristocratie française , aux hommes religieux en France et au souverain pontife que la République voulait traiter le chef spirituel du catholicisme avec le respect qui appartient au représentant d'une grande partie des consciences, le pape de son côté assurait par l'organe de son ministre à Paris qu'il ne faisait pas acception de gouvernement, ses paroles étaient des bénédictions et non des anathèmes contre la République. Le gouvernement français ré* pondait avec franchise à ces ouvertures, lui avouait que la tendance de la République était la séparation plus ou moins rapprochée du temporel et du spirituel, la suppression de l'intervention de l'État dans l'administration et dans le salaire des cultes, mais il lui garantissait en même temps que la République éminemment religieuse d'inspiration, ne ferait .cette grande et nécessaire transformation qu'après avoir pourvu à l'existence des ministres des cultes au service des églises et des consciences en organisant l'association libre des fidèles pour leurs besoins religieux. Cette transformation du salaire de l'État en salaire libre des associés pour leur culte ne s'opérerait que par voie d'extinction des ministres des différentes communions, la foi devait y gagner en pureté, les croyances individuelles en liberté, le budget des consciences en