‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 84 sur 244 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

fique reposait sur cette pensée, ce système a été ajourné par cette froideur de la Sgfsse compromis par les batailles de Çoito, et de Novare. Il renaîtra de la nature des choses sous des gouvernements pins intelligents et mieux compris. La Suisse se repentira de ses hésitations et de ses lenteurs.

M. Bixio fut envoyé comme chargé d'affaires à Turin. L'incertitude des rapports entre cette cour jusque-là sacerdotale et absolutiste et la République française ne permettait pas d'y envoyer un ambassadeur ou un ministre.

M. Bixio éleva ses fonctions à la hauteur de son intelligence et de son patriotisme. Neuf dans les affaires, il montra qu'on natt diplomate. Sa mission était délicate, précisément parce qu'elle était loyale, il devait inspirer à la cour de Turin des dispositions favorables à la France sans la pousser même d'un geste, à une guerre contre l'Autriche, guerre vers laquelle son ambition impatiente ne l'entraînait que trop témérairement. Il devait donner confiance et autorité au parti constitutionnel et libéral en Italie sans caresser et sans susciter le parti républicain , parti prématuré et ruineux pour l'émancipation de l'Italie.

Les chances imprévues et les fortunes contradictoires du Piémont et de la Lombardie mirent à des épreuves difficiles le tact de ce jeune diplomate, il ne fit pas une faute dans une situation où les

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négociateurs plus consommés en auraient fait. La France n'eut pas une goutte du sang de l'Italie sur les maine de sa diplomatie en Piémont ni en Lombardie. L'Italie ne reçut pas un conseil qu'elle pût légitimement reprocher à la France. M. Bixio, Italien d'origine, Français de cœur, porta dans son attitude le sentiment de ses deux patries. Le ministre allait l'élever à des fonctions plus hautes quand l'Assemblée nationale s'ouvrit. M. Bixio voulait y entrer, il se dévoua dans les journées de Juin comme un soldat d'avant-garde, il versa à grands flots son sang pour la République. Devenu ministre après l'élection du président il se retira après quelques jours par une susceptibilité d'honneur mal expliquée. Ses aptitudes s'étaient révélées pour les négociations, il y doit être rappelé.

M. de Boissy avait été nommé ministre à Florence. Ancien diplomate, il connaissait la Toscane. Sa femme, née à Ravenne, était célèbre par la beauté, l'enthousiasme et le patriotisme. Son nom seul négociait avec le haut libéralisme de l'Italie centrale, elle était liée d'amitié littéraire avec tous les patriotes illustres des États romains, de Pise, de Venise, de Florence. M. de Boissy, homme d'audace et d'extrémité, avait résolument adopté la République, il se montrait à Paris aussi courageux de sa personne pour la défendre contre la démagogie qu'il était propre par son existence

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