LIVRE DOUZIÈME
d'instinct fortement à lui; que la partie ultra-révolutionnaire socialiste, terroriste, remuante, active, armée de la capitale , adhérait frénétiquement aux chefs du parti contraire; que sa retraite du gouvernement serait le signal d'un combat dont toutes les chances étaient contre lui; car s'il avait l'opinion, il n'avait pas les armes. N'importe, il était à une de ces heures où l'homme politique ne calcule pas le salut, mais le devoir.
Interpellé la veille du 17 au soir, à l'Hôtel de Ville, par une députation du club de la garde nationale dont M. de Lépine, colonel de la banlieue et citoyen influent, était l'organe, Lamartine profita hardiment de l'occasion pour faire pressentir à Paris le soulèvement de son cœur contre les circulaires et la lutte qu'il méditait pour le lendemain.
« Citoyens, » répondit-il à la députation qui l'avait interrogé sur les intentions du gouvernement, « il ne m'appartient pas, dans une question « aussi générale, aussi grave, de prendre l'initia- « tive sur l'opinion de tous mes collègues réunis. a Néanmoins, je puis vous dire qu'ils seront proie fondement touchés, profondément reconnais- « sants de la démarche que vous venez de faire et « des paroles que vous venez de prononcer.
« Le gouvernement provisoire n'a chargé per- « sonne de parler en son nom à la nation et surtout « de parler un langage supérieur aux lois. (Bravo,
« bravo.) Ce droit H ne Ta donné à personne! car ce il n'a • pas voulu le prendre pour lui-même au ce moment où il sortait comme une acclamation du ce peuple pour remplir momentanément la place '« pénible qu'il occupe. Il ne Ta pas voulu, il ne Ta « pas fait, il ne le fera jamais. Croyez-en les noms « des hommes qui le composent. (Bravo!)
ce Soyez certains qu'avant peu de jours, le fouet vernement provisoire prendra lui-môme la parole, « que ce qui a pur dans les termes , et non certes « dans les intentions de ce document blesser, in- « quiéter la liberté et la conscience du pays sera « expliqué , commenté , rétabli par la voix même ce du gouvernement tout entier. ( Acclamations ; ce cris de vive Lamartine! vive Lamartine!)
ce Dites : vive le gouvernement tout entier ! rece prit fcgmartine. car cette pensée n'est pas seulece ment la mienne, elle est celle du gouvernement ce tout, entier et du ministre lui-même, »
Un membre de la députation s'écrie : ce Nous ce l'acceptons comme telle. >>
M. Lamartine reprend: ce Citoyens! de tous les ce dogmes qui ont survécu aux grandes chutes de ee trônes et d'empires dont nous sommes témoins ce depuis un demi-siècle, il n'y a qu'un dogme imce périssable à nos yeux, c'est celui de la souve- « raineté nationale — Bravo ! bravo ! — c'est celui ce de la souveraineté nationale auquel nous ne