‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 95 sur 244 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

« nous permettrons jamais d'attenter nous-mêmes, « et auquel nous ne permettrons jamais qu'on « attente en notre nom ou au vôtre.

« Le gouvernement provisoire se félicitera, n'en « doutez pas que vous soyez venus comme un près- « sentiment de l'opinion vraiment républicaine , « c'est-à-dire libre , provoquer une explication de « lui sur la conduite qu'il veut tenir dans les élec- « tions dont doit sortir aussi le gouvernement « républicain de la France! le gouvernement ne « veut peser et ne doit peser ni directement ni ince directement sur les élections; — oui comme gou- « vernement, armés d'une parcelle quelconque de f

« la puissance publique, nous rougirions nous- « mêmes des reproches que nous avons faits aux « gouvernements qui nous ont précédés, si, au lieu « de la corruption qui a fait par ses scandales la « révolution même d'où la République est sortie , « nous employions aujourd'hui cette autre corrup- « tion, la pire de toutes les corruptions, la cor- « ruption de la crainte et de l'oppression morale « des consciences. — Bravo ! bravo ! —

« Non c'est d'une source libre et pure que la « République doit sortir et qu'elle sortira ! Tran- « quillisez-vous, citoyens, et reportez ces paroles à « vos concitoyens du dehors. — Plusieurs voix : « Oui! oui! nous les reporterons avec bonheur.—

Lamartine continue : « Je désire, nous désirons

ce tous qu'elles retentissent dans l'opinion publique « de Paris et de la France. Nous désirons qu'elles « la rassurent sur le sens mal interprété de quel- « ques mots qui n'avaient ni la signification ni la « portée qu'on a voulu leur donner en s' alarmant « d'expressions qui faussent souvent les pensées. « Sachez-le et dites-le bien à ceux qui vous atten- « dent. Le gouvernement de la République tout « entier éprouve le besoin de rassurer deux fois la « conscience publique, une fois dans ce dialogue « que nous avons ensemble, et bientôt par une a proclamation à tous les citoyens de la France, — (acclamations prolongées).

« Vous voulez et nous voulons que la République « et la liberté soient un même mot — (oui ! oui ! ) — « autrement la République serait un mensonge et « nous voulons qu'elle soit une vérité ! — Bravo ! « — Nous voulons une République qui se fasse ai- « mer et respecter de tous, qui ne se fasse craindre « par personne excepté par les ennemis de la pa- « trie ou des institutions. — Bravo ! — Nous vou- « Ions fonder une République qui soit le modèle « des gouvernements modérés et non l'imitation « des fautes et des malheurs d'un autre temps! « nous en adoptons la gloire, nous en répudions « les anarchies et les torts ! aidez-nous à la fonder « et à la défendre ! votez selon vos consciences , et « si, comme je n'en doute pas, ce sont les con-

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