LIVRE DOUZIÈME
applaudissements dans le groupe des clubs modérés, suivirent ces paroles. Mais les plus obstinés reprennent leur audace, et tendant évidemment à faire prononcer l'épuration de Lamartine : (( Nous n'avons pas « confiance dans tous les membres du gouvernement, « crièrent-ils. — Si, si, dans tous! dans tous! replier quèrent les voix de Suau, de Sobrier et de Barbes, « et une centaine de voix de leurs amis. — Non, non. « — Si, si. — Il faut les contraindre. — Il faut les « respecter. » — Et mille autres cris contradictoires se partageaient les groupes. Les violences étaient aux bords des lèvres, dans l'accent, dans les regards. Les membres du gouvernement restèrent impassibles. Barbes, attaché alors à Lamartine, Sobrier, Raspail, Cabet, se serrèrent dans l'espace qui séparait les deux partis. Blanfjui restait immobile et paraissait plutôt calmer les siens qu'approuver leur insistance.
Cabet prit la parole, son discours fit une salutaire impression sui* la foule. Barbes, Raspail, d'autres encore appuyèrent les paroles de Cabet et défendirent l'indépendance du gouverneinent. Le désordre se mit dans les groupes, la confusion dans les avis, les cris de Vive le gouvernement provisoire! qui montaient de la place et qui témoignaient de rattachement du peuple, firent réiléchirles hommes extrêmes. Ces clamcuirs leur apprirent (jue s'ils portaient la main sur le gouvernement cher au peuple, la vengeance du peuple ne tarderait pas à leur faire ex[)ier leur ciinje. Harbès, Sobrier, Suau, Cabel piolitèreni d(» cet ébraideniont de
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la colonne j)Our la faire relliier en arrière et pour délivrer le gouvernement de cette pression. Les clul)s évacuèrent les salles et les escaliers; ils reprirent leur place devant la grille de rilotcl de Ville. Le gouvernement appelé à grands cris par cent mille voix descendit à la suite de son président sur les marches extérieures du grand escalier. II fut salué d'acclamations frénéti(|ues au milieu d(\s(jU(>ll(\^ on entendait prédominer les noms de Ledru Kullm ul de Louis Blanc plus (ju'à l'ordinaire. r.amaitin(* averti ainsi que la faveur de la multitude la plus rapprochée s'adressait à eux, les laissa se présenter les premiers au peuple et s'envelopper de leur popularité : il s'elVaça au second rang et ne reçut (jiie i\c rares acclamations.
louis Hianc harangua le peuple, le remercia de ce dé|)loiemont irrésistible de force dont il entourait ses dictateurs. Le peu|)le trompe par ces actions de grâces crut sincèrement (pTil ^(MKnl d'accomplir un acte d'adhésion i)atrioti(jue et de faire un couj) d'Etat contre les factieux, tandis (pi'il venait d'exercer une pression séditieuse au j)rolit d'une minorité des clubs et d'une minorité de Paris autour du gouvernement.
Les mend)res de la majorité du gouvernement feignirent prudemment de |)rendre cette manifestation pour ce (pi'elle elail dans rintcntion du |)lns grand n()nd)re, mais ils ne se déguisèrent i)as à eux-mêmes le sens de cette journée. «1 ils conunencèrent à so délici- (Tune inlluence cpii av. lit loul d (|ui pouvait