LIVRE NEUVIÈME
furent ramenés par leurs doctrines et leurs théories à l'intelligence et à la moralité de la paix. L'idée de l'organisation du travail amortit l'idée de guerre dans les masses; le socialisme étouffa la conquête; le peuple comprit la raison.
Avant de soumettre ces pensées au gouvernement provisoire, Lamartine écrivit à tous les agents diplomatiques une lettre courte et vague pour leur ordonner de notifier l'avènement de la République française aux différentes cours auprès desquelles ils résidaient.
f( La République , disait-il à ses agents, n'a pas « changé la place de la France en Europe. Elle est « prête à renouer les rapports avec les autres nations. »
Ce mot était jeté, dans cette première communication , comme un symptôme propre à rassurer les gouvernements et les peuples sur le caractère civilisé que la nouvelle République voulait donner à la politique étrangère. Lamartine réunit tous les employés du ministère. « Rassurez-vous, leur dit-il, je suis une révolution, mais je suis une révolution paternelle. Ceux d'entre vous qui voudront servir loyalement la République seront conservés dans leurs fonctions. La patrie n'a pas disparu avec la royauté. Les diplomates sont comme les soldats; ils ont pour ralliement le drapeau, et pour devoir permanent la défense et la grandeur de la nation au dehors. »
Copondaiit , imc rcvolulioii , an moment ou elle s'accomplit, no peut pas contier ses secrots et son salut à ceux, qui devaient la redouter et la combattre la veille. Elle se trahirait elle-mùme. Lamartine ne voulait j)as briser le mécanisme et le personnel de cette administration centrale des affaires étrangères que i(} temps avait organisée et qui compte dans son sein (\o^ hommes surs, spéciaux, expérimentés, éminents. Il les laissa à leurs postes, inactifs, ou employés seulement à des travaux de simple formalité. Il retira à son cabinet |)articulier ou à lui seul tout l'esprit, tout le secret et toute la conduite de la diplomatie de la Hepubli(pie.
Mais CCS lioFuines , d'autant plus patriotes de cœur (\u"\\< (Mil rc>piii plus exclusivement appliqué aux intérêts j)ermanents du pays, ne tardèrent pas à adhé- HT i\v tout leur patriotisme à la Hépublicpie comme représentation i\r Tordre et de la France. Ceux-là même (pii s'c'taienl iclirés |)ar un scrupule volontaire d'honncMu", tels (\uc le directeur de la partie politicpu^ M. Dcsaijrs, lionniu» consommé, donnèrent au gouvernement les traditions et les lumières (ju'ils portaient en eux. M.M. de \iel(]astel, lîrennier, (liidra, L(^sseps, reslèi.Mit a la tète de^i différentes parties du tiavail. Ils rciidiicni a la Kcpublicpie d'inratigables services pendant ce lonu luniulte d^'vénements et d'assauts où ' riiotel (lu ministre était a la r()i> un conseil et un camp.