LIVRE NEUVIEME
A l'étranger, au contraire, Lamartine rappela successivement tous les ambassadeurs et presque tous les ministres plénipotentiaires. Leur présence dans les différentes cours avait un double inconvénient. La République n'était pas reconnue; il y avait danger à ce que leur résidence auprès des gouvernements indécis ou hostiles fut l'occasion de froissements nuisibles à l'établissement des nouveaux rapports. De plus, ces ambassadeurs étaient en général des hommes politiques , d'anciens ministres personnellement attachés par leur sentiment et par leurs regrets à la royauté déchue. Leur confier les négociations de la République , au moment même où elle luttait contre la royauté, c'était l'exposera être desservie. Le ministre envoya à la place de ces agents officiels des agents secrets ou confidentiels choisis parmi les hommes d'opinions républicaines ou sans liens avec la dynastie fugitive. Il leur donna verbalement à chacun les instructions propres au pays où ils les envoyait. Ces instructions se résumaient en ces mots : « observez , informez et donnez dans vos conversations avec les souverains, les ministres et les peuples, son véritable sens à la nouvelle Républicpic; pacifique si on la comprend, terrible si on la provoque. »
il confia de plus à chacun de ces agents à l'extérieur le plan de diplomatie qu'il se [)roposait de sui-
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vr<', aliii (\\\r ( liaciin <le ces envoyés , clans le vague ohlii^é (le SCS insli uctions et dans les éventualités incrrlaines cl xjudaines de sa mission . tVil (Tavance initié à la pensée extérieure de la I{ej)ul)lique et fît concorder rhaeune de ses paroles et chacun de ses actes au plan général.
Attendre avec dignité TAnglotorre, rechcrcluir la Prusse, observer la Russie, calmer la Pologne, caresser l'Allemagne, éviter l'Autriche, sourire à l'Italie sans l'exciter, rassurer la runjuie, abandonner TKspagne à elle-mcFue , no tromper personne ni par de vain»>s craint(^< ni pai* (\o vaines espérances, ne pas lancer un mol (jnOn ent à retirer un jour ; faire de la probité repnblicainc TànK^ d'une diplomatie sans ambition comme sans faiblesse : telles étaient ces instructions contidentielles. Quels (jue fussent les événements à surseiiir, Tamarline voulait (jue la République eût raison partout.
Il tint 1(^ miMue langage anx ambassadeurs, ministres, et charge^ d'alTain^s qui représentaient à Paris les dilTercntes cours. I.a rapidité de la révolution , l'enllionsiasme avec lefjuel elle était unanimement acceptée dans lonle la l'iance sans (jn'nn geste protestAt coiilie nue telle démocratie; la magnanimité du ])eupl(^, inliepide dans laclion, modéré, clément, cordial après sa victoire; le s|)ectacl(^ de coWc ca|)ital(^ où (pp'hpies hommes gouvernaient Irente-six millions de citoyens avec le senl Iimmii d(> la pai()l(> ; l'abolition de la pi'ine de nioil ; la répudiation de res|)rit de guerre;