LIVRE DOUZIÈME
illimitée, fut moins accessible à la raison. On vovait que son fantôme d'invention communiste flottait toujours entre son interlocuteur et lui. Cependant Lamartine comme citoyen n'eut qu'à se féliciter de ses rapports avec Cabet. Ce chef de secte ne pouvait voir avec plaisir des tentatives de dictature qui auraient donné la suprématie à des socialistes ou à des tribuns ses rivaux de système et de popularité. Il retint les communistes de son parti, et par eux une partie active du peuple, dans l'expectative que Lamartine voulait imposer à tous les partis.
Un jeune homme qui avait montré une fois une grande promesse de talent à la Chambre des pair$ , M. d'Alton-Shée était alors applaudi dans les réunions populaires. Il combattit avec ardeur et désintéressement les plans anarchiqucs et les doctrines excessives. Entrante depuis dans d'autres voies, il perdit la trace de la Républicjuc. Lamartine , qui avait beaucoup espéré de son activité, de son courage et de son talent, le perdit de vue.
Barbes venait encore de temps en temps à cette époque chez Lamartine. Ses intentions étaient droites, mais confuses. Il commença à s'égarer sans le vouloir et sans le savoir sous les inspirations de ses anciens camarades de prison. Homme d'action, les hommes de système l'accaparaient, sans qu'il s'en déliât, à leur cause. C'était le soldat de l'impossible; il ne pouvait tarder de passer aux désespérés de la (k'Muocratie.
Mais Barbes ca|)able de conspirer étail incapable
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(lo Iraliir. Sa prcscncu dans le> rangs dos anarchistes rassurait plus qu'elle} n'inciuiétait Laniartiii(>. Il croyait à son entraînement, mais il était sur de sa loyauté.
Un des amis et des compagnons de captivité de Barbes, le jeune Lamieussens, exerçait une heureuse inlluence sur les ré[)ul)licains exaltés de ce camp de la Révolution. Lauiartine l'avait distingué et se proposait d'utiliser ses talents. Il plaça à cette épociue, un grand nombre de jeunes républicains à l'étranger dans les chancelleries, dans les vice-consulats et dans (|U(»l(jues consulats dépendants de son ministère. Ces nominations blâmées depuis furent toutes j)oliliijues. Il ne fallait |)as laisser s'aigrir et se \\v\rv dans les factions (U^ ]\iris (\c>, honnnes (|ui avaient souffert pour leur cause, (>( (|ui icndaient des services à la Uepublicjuc en dirigeant et en modérant le peu[)le de Paris.
Sobrier continuait à \()ir assidûment Lamartine. l*jithousiast(» |)lus (prambiti(Mi\ il acipiéiait ('lia(|ue joiii- plus d'ascendant sui" la j(Mmess(* n'volutionnaire des {juarli(MS du centre (\v Paris. Il (employait alors cet ascendant au sei\ ici» des idées d'oidre et de modération ; il contre-balaneait pai' son joiii'nal et par son club rinfbuMU'e (Tautres joiniianx e! daiili-es eonciliabules du parti (\i'> dictatures et des excès; il \oulait maintfMiii" l'intei^iite du l:(^u\ ernemiMit mènuî avec