LIVRE DOUZIEME
transfuges, leur firent fournir des moyens de transport, préparer des voitures d'armes sur l'extrême Trontière de France. Arrivée à Lille la colonne belge fit demander des armes au général Négrier; Négrier averti par Lamartine refusa les armes. Pendant que cela se passait à Lille, Lamartine instruit du complot écrivait officiellement au ministre de l'intérieur pour qu'il s'opposât par tous ses agents à l'armement et à l'invasion des Belges. Le ministre de l'intérieur obtempérait à cette demande en envoyant en effet des ordres dans ce sens à la frontière.
Le commissaire du gouvernement à Lille qui avait cru peut-être, au premier moment, agir conformément aux vues du gouvernement, en favorisant l'armement des réfugiés, se rétractait. Il faisait de tardifs efforts pour rendre la rentrée des Belges sur leur territoire inoffensive. Les Belges, qui voyaient avec eux trois élèves de l'École polytechnique et qui recevaient d'eux des chariots de fusils, croyaient à la complicité du gouvernement. Entrés à main armée sur le sol de la patrie, ils y étaient reçus à coups de fusil par les troupes du roi; ils refluaient en France en criant trahison! Ce cri retentissait jusqu'à Paris et soulevait les Allemands, les Polonais et les clubs. C'est ce ([u'on appela l'invasion de Risrjiions-Tout, du nom du village où le combat eut lieu. Mais il n'y avait pas traiùson ; cependant il y avait intelligence de (juehpies démocrates do Paris avec les réfugiés belges. Des contreordres fermement donnés par le gouvernement étaient
venus révoquer des ordres donnés par des agents occultes. Les puissances étrangères se j)laignirent avec raison , mais avec modération ; elles furent forcées de reconnaître la bonne foi et même la vigueur de répression du ministre des atlaires étrangères.
Les mômes tentatives de rassemblement sur le sol français eurent lieu à Strasbourg et sur les bords du Rhin, malgré l'incessante résistance du gouvernement français. Knfin une expédition de volontaires savoisiens partit de Lyon, passa le Rhône et s'avança sur Chambéry, s'en empara j)ar surprise et fut expulsée le lendemain par une insurrection spontanée des montagnes. M, Emmanuel Arago , (pii gouvernait avec peine l'anarchie industrielle de Lyon, écrivit à Lamartine pour le prévenir de ce com[)lot ([u'il cond)attait, mais qu'il ne pouvait réprimer sans force armée. M. Ledru Rollin informé ])ar lo ministre des alVaires étrangères envoya des commissaires et des ordres pour dissoudre ce rassend)lement. Lamartine proposa le secours de l'armée des Alpes pour rétablir Tordre à Chambéry et pour réj)rimer Tattentat des réfugiés et des ï'rançais contre la nationalité savoisi(Mine. Le gouvernement fut aussi élrang(M' à ccWo violation (jue le gouvernement prece ItMit TaNail v\o à l'invasion des Italiens en Savoi(v II publia une proclamation })ar huiuclle il écartait tous les réfugiés des frontières.