‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 120 sur 216 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

cer à Lamartine ffiie les Polonais étaient plus maîtres que lui dans Paris ; qu'ils compteraient avec le gouvernement lui-même; qu'ils avaient quarante mille hommes des ateliers nationaux enrôlés pour se joindre à eux le lendemain et pour marcher ensemble sur l'Hôtel de Ville; et que si le gouvernement ne leur cédait pas , ils étaient assez forts pour le renverser et le changer.

A ces mots, à ces menaces, à ces insultes à la liberté du gouvernement et à la dignité de la nation, Lamartine irrité accepta le déii et finit par leur dire : que si la France laissait renverser son gouvernement par une poignée d'étrangers qui lui feraient la loi chez elle, c'est que la France serait descendue au-dessous des nations sans patrie.

La querelle s'animait, les paroles étaient vives, les visages ardents ; le premier groupe essaya de faire entendre raison au second sans pouvoir y parvenir. A la lin, les hommes sages de la nation ([ui se trouvaient là en majorité s'interposèrent, calmèrent l'orateur factieux et finirent par lui arracher des excuses. On s'ajourna au lendemain à l'Hôtel de Ville. Le ministre en les congédiant leur dit que si leur dépulation dégénérait en manifestation, et s'ils amenaient à leur suite un seul Français, il ne les traiterait plus en hôtes, mais en perturbateurs de la France.

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Le lendemain, en effet, ils se présentèrent en nombreuse colonne, mais dans une attitude décente et calme sur la place de Grève. On attendait avec anxiété en France et en Europe la réponse que Lamartine leur ferait, car cette réponse contenait la paix ou la guerre pour le continent tout entier, il leur parla en ces termes reproduits j)ar les sténogra[)lies du IMonileur :

« Polonais ,

« La Répidjlifjue française reçoit comme un heureux « augure riiuiiimage de votre adhésion et de voire « reconnaissance pour son hospitalité. Je n'ai pas « besoin de vous dire ses sentiments pour les lils de la « Pologne. La voix de la France vous le disait chaque « année, même (juand cette voix était comprimée par « la monarchie. La République a la voix et le geste (V plus libres et plus sympathiques encore. File vous « les redira ces sentiments fraternels, elle vous les (( prouvera sous toutes les formes comj)atibles avec la <f politi(jue de justice, de modération et de paix qu'elle « a proclamée pour le monde.

« Oui, depuis vos derniers désastres, depuis que « Tépée a elfacé de la carte d(\s nations ces dernières « protestations de votre existence connue vestige et (( comme germe d'une nalion, la Polo.^ne n'a pas été

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