LIVRE DOUZIÈME
« seulement un reproche, elle a été un remords vivant « debout au milieu de l'Europe. La France ne vous « doit pas seulement des vœux et des larmes, elle « vous doit un appui moral et éventuel en retour de « ce sang polonais que vous avez versé pendant nos a grandes guerres sur tous les champs de bataille de « l'Europe.
« La France vous rendra ce qu'elle vous doit, soyez- « en sûrs, et rapportez-vous-en au cœur de trenle-six u millions de Français. Seulement laissez à la France « ce qui lui appartient exclusivement : l'heure, le mo- « ment, la forme dont la Providence déterminera le « choix et la convenance pour vous rendre sans agres- « sion et sans effusion de sang humain, la place (jui « vous est due au soleil et dans le catalogue des peu- « pies.
(( Vous connaissez les principes que le gouverne- « ment provisoire a adoptés invariablement dans sa « politique étrangère : si vous ne les connaissez pas, « les voici :
« La République est républicaine sans doute, elle le
« dit à haute voix au monde, mais la République n'est
« en guerre ouverte ni sourde avec aucune des nations,
« avec aucun des gouvernements existants, tant (jue ces
« nations et ces gouvernements ne se déclarent pas
« eux-mêmes en guerre avec elle. Elle ne fera donc,
« elle ne permettra volontairement aucun acte d'agres-
« sion et de violence contre les nations germaniques.
« Ces nationalités travaillent eu ce moment à modiliei*
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u trclles-iiiciiics leur systùinc intérieur de conféikMa- « tion et à créer l'unité et le droit des peuples qui ont a une place à leur revendiquer dans son sein. Il fau- « drait être insensé ou traître à la liberté du monde « pour les troubler dans ce travail [)ar des démonstra- « lions de guerre et pour changer on hostilités, en « susceptibilités ou en haine la tendance libératrice « qui les pousse de cœur vers nous et vers vous.
(( Kt ([uel moment nous demandez-vous de choisir <( pour ce contre-sens du droit de la politique et de la « liberté? Est-ce que le traité de Pilnitz se trame par « hasard contre nous? est-ce que la coalition des sou- « verains absolus se noue et s'arme sur nos frontières « et sur les vôtres? Non, vous le voyez; chacjue cour- « rier nous apporte une acclamation victorieuse des « peuples qui se scellent dans notre principe et (jui « fortifient notre cause précisément parce que nous (f avons déclaré ([uc ce })rincipe était le respect du « droit, des volontés, des formes des gouvernements, « du territoire de tous les peuples. Les résultats cxté- (f lieurs de la politique du gouvernement provisoire « sont-ils donc si mauvais, tju'il faille le contraindre (( violenuuont à en changer et à nous ])résenter sur les (( frontières de nos voisins la baïonnette à la main, au « lieu de la liberté et de la |)ai\ à la main?
« Non, celte politicjue à la fuis ferme el pacilicjuc (f réussit tiopbien ;"i la He|)nbli(jue pour (piclle \euillo « la changer avant l'heure oîi les puissances la chan- « geront elles-mêmes. Regardez la Belgi(|uc! regardez