LIVRE DOUZIÈME
« la Suisse! regardez l'Italie! regardez l'Allemagne « méridionale tout entière! regardez Vienne! regardez «Berlin! que vous faut-il de plus? Les possesseurs « eux-mêmes de vos territoires vous ouvrent la route « vers votre patrie, et vous appellent à en reconstituer « pacifiquement les premières assises. Ne soyez injus- « tes, ni envers Dieu, ni envers la République, ni « envers nous. Les nations sympathiques del'Allema- (( gne, le roi de Prusse ouvrant les portes de ses cita- « délies à vos martyrs, à vos exilés, Cracovie affran- « chie, le grand-duché de Posen redevenu polonais, (( voilà les armes que nous vous avons données en un « mois de politique.
« Ne nous en demandez pas d'autres. Le gouverne- « ment provisoire ne se laissera pas changer sa politi- (( que flans la main par une nation étrangère, quelque « sympathique qu'elle soit à nos cœurs. Nous aimons (( la Pologne, nous aimons l'Italie, nous aimons tous « les peuples opprimés, mais nous aimons avant tout « la France, et nous avons la responsabilité de ses « destinées et peut-être de celles de l'Europe en ce « moment!
« Cette responsabilité , nous ne la remettrons à (c personne qu'à la nation elle-même ! Fiez-vous à « elle, fiez-vous à l'avenir, fiez-vous à ce passé de « trente jours qui a déjà donné à la cause de la dêmo- « cratie française plus de terrain {\uc, trente batailles « rangées, et ne troublez ni par los armes, ni par « une agitation qui ret()n)l)eiail sur notre cause corn-
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« iniiiie, l'œuvre (jiio la Providence accomplit sans; « autres armes que les idées, pour la rogénéra- « lion des peuples et pour la fraternité du genre « himiain.
« Vous avez admirablement parlé comme Polonais; « quaiilà nous, notre devoir est de vous parler comme « Français. Les uns et les autres, nous devons rester « dans notre rôle respectif. Comme Polonais vous « devez être justement impatients de voler sur le sol « de vos pères et de répondre à l'appel qu'une partie c( de la Pologne déjà libre, fait à ses généreux enfants. « A ce sentiment nous ne pouvons qu'applaudir, et « vous fournir comme vous le désirez les moyens pacia (i(jues (jui aideront les Polonais à rentrer dans leur » j)atiie et à se réjouir de son eoniniencenient d'indé- "■ pendance à Posen.
« Quant à nous, comme Français, nous n\i\ ons pas (( seulement la Pologne à considérer, nous avons Tuniu versalité de la ])oliti(jue européenne qui corres[)ond (( à tous les horizons de la France et à tous les intérêts « (le la lilxM'té dont la Uépublicjue française est la « seconde, et nous l'espérons, la j)lus glorieuse et la « dernière (explosion dans TFurope. l/importance do « cv> intérêts, la gravité de ces résolutions font (jue « \v, gou\ (Mncmciil provisoire de la Hépubli(jue ne « p(Mit abili(|uei- (Mitre les mains (Taueune nationalité u partielle, (raneun paili diiiis uiu^ nation, qu(^l(juo « sacrée (|ue soit la cause de celle nation, la res|)onsa- (( bilité et la libellé de ses résolutions.
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« La politique qui nous a été commandée sous la « monarchie vis-à-vis de la Pologne , n'est plus la « politique qui nous est commandée sous la Républi- « que. Celle-ci a tenu au monde un langage auquel « elle veut être fidèle; elle ne veut pas qu'aucun pou- « voir sur la terre puisse lui dire : « Vous avez des « j)aroles ici, vous avez des actions là. >)
« La République ne doit pas et ne veut pas avoir « des actes en contradiction avec ses paroles : le reste pect de sa parole est à ce prix; elle ne la décréditera (( jamais en y manquant. Qu'a-t-clle dit dans son (( manifeste aux puissances? Elle a dit en pensant à « vous : le jour où il nous paraîtrait que l'heure pro- « videntielle aurait sonné pour la résurrection d'une « nationalité injustement effacée de la carte , nous « volerions à son secours, mais nous nous sommes « justement réservé ce qui appartient à la France « seule : l'appiéciation de l'heure, du moment, de la « justice de la cause, et des moyens par les(|uels il « nous conviendrait d'intervenir.
« Eh bien! ces moyens juscju'ici nous les avons « choisis et résolus pacifiques ! et cioyez (pu» la (c France et l'Europe voient si ces moyens pacili- « ques nous ont tronq)és ou vous ont trompés vous- « mêmes.
u En trente-un jours les résultats naturels et paci- « (pies de ce système de |)aix et (\c IVatcrnilc dcclaics (( aux peuples et aux gouNcincinciils oui \alii à la « cause de la France, de la liberté et de la Poloiiiic
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(( elle-même, plus que dix batailles et des Ilots do « sang 11 limai II!
«Vienne, Berlin, Tltalie , Milan, Gènes, TAlle- « magne méridionale, Munich, toutes ces constilu- « lions, toutes ces explosions spontanées, non pro- « voquées dans l'àme des peuples , vos propres « frontières enfin ouvertes à vos pas à travers les (c acclamations de rAllemai^nie (jui se renouvelle dans « ses formes sous Tinviolahilité dont nous entourons « ses gouvernements et ses territoires : voilà les pas « qu'a faits la République grâce à ce système de res- « pect de la liberté du sol et du sang des hommes! « Nous ne reculerons pas dans un autre système, « sachez-le bien! la \(nv droite nous conduil au bnl « désintéressé que nous voulons atteindre, mieux (pie « les voies tortueuses de la diplomatie : ne tentez pas « de nous en faire dévier. Il y a (piehiue chose qui « contient et qui éclaire notre passion même pour « la Pologne; c'est notre laison ; laissez-nous Té- « couler dans la liberté ('om|)lète de nos pensées, et « sachez (pie ces pensées ne séparent pas h^s deux « p(niples dont le sang s'est si souvent mêlé sur les « champs de bataille.
u Notre sollicitude pour vous s'étendra comme « notre hospitalité, aussi loin (pie nos frontières; nos « regards vous suiMonI dans votre patrie; emportez-y « l'espérance de la regénération (pii commence pour « NOUS (Ml Prusse même, où votre dra|)(MU llolt(^ à « Herlin. La France no demande d'autre [)ri\ à Tasilo