LIVRE DOlZÏËMi:. 2i
(( qu'elle vous a donné que raniélioration de vos desc< tinées nationales et les souvenirs que vous empor- « terez du nom français.
« N'oubliez pas que c'est à la République que vous « devez les premiers pas que vous allez faire vers « votre patrie. »
Ce discours rassura l'Europe et réfréna l'audace des réfugiés exaltés.
L'Angleterre n'attendait pas avec moins de sollicitude la réception que ferait Lamartine aux insurgés irlandais partis de Dublin pour venir demander des encouragements et des armes à la République française. La vieille haine nationale entre la France et l'Angleterre favorisait leur cause ; le parti démagogique, le parti militaire et le parti catholique s'unissaient en France pour faire considérer la cause de l'insurrection irlandaise comme une cause de la liberté, de l'Église et do la Fiance. Lamartine ne se dissimulait rien des clameurs que ces trois partis allaient j)0usser contre lui, s'il osait refuser le concours de la Républicpie à une guerre civile contre l'Angloterrc. Il l'osa néanmoins, appuyé sur la loyauté de la République. Il ne trouva pas que toutes les armes fussent bonnes pour combattre une [)nissance rivale, mais amie, et avec laquelle il voulait resserrer les liens de la France libre.
2i8 HKVOLUTION DE 18i8.
« Citoyens clc l'irlaiulo, leur répondit-il, s'il nous « fallait une autre preuve de rinllucnce paciticjue de « la proclamation du grand principe déniocrati(jue, ce « cliristianinic nouveau éclatant à Tlieure opportune {( et séparaiU le monde, comme autrefois, en monde « païen et en monde chrétien, nous la tiouverions « cette preuve de l'action toute-puissante d'une idée, « dans les visites que les nations ou les fractions de « nations viennent rendre spontanément ici à la France « républicaine et à son principe!
(( Nous ne sommes pas étonnés de voir aujourdlini a ici une partie de Tlrlande. 1/IrIande sait combien « ses destinées, ses souffianccs et ses progrès suc- « cessifs en liberté religieuse, en unité et en égalité « constitutionnelle avec les autres parti(^s du Royaume- (( Tni ont ému de tout temps le cœur de l'Euiope ! « Nous le disions, il y a peu de jours, à une autre dé- (( pulalion (h* \os concitoyens, nous le dirons à tous « les enfants de cette glorieuse île d'Krin (jui, par le (( génie naluFol de s(^s habitants connue par les |)éri- (( péties de son histoire est à la fois la poésie et Thé- (( roïsme des nations du Nord.
« Sachez donc bien (jue vous trouverez en France, « sous la Hépul)li([uo, tous les sentiments (jue vous lui « apportez. Dites à vos concitoyens (juc le nom do (( rh'Iande ri le nom de la liberté courageusement « défendue contre le pri\ilége est im iiu'inr nom j)our i< lonl citoyen français. l)it(»s-l('ur (jik» cette réciprou cite qu'ils iiiMxpuiil, ([ue celle hosj)italilé dont ils