‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 129 sur 216 · LIVRE TRElZIÈMn. 2'M · texte numérisé non relu

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tine en Italie a été brisé après les événements de juin par le gouvernement qui lui a succédé. Il ne connaît ni les nécessités ni les motifs de ce second gouvernement de la République. Il ne juge pas, il raconte.

Quant à l'Allemagne, le gouvernement provisoire n'avait qu'un plan : une respectueuse et bienveillante neutralité envers toutes les puissances germaniques. L'amitié de l'Allemagne reconquise à tout prix par l'abnégation de toute conquête et de toute immixtion dans ses affaires; une armée de deux cent mille hommes pour couvrir le Rhin en six semaines et le franchir comme auxiliaire désintéressé à Fappel du peuple allemand; si l'Allemagne l'appelait contre une oppression étrangère.

Toute politique française, allemande, hongroise et polonaise était là. Rien n'a changé de ce coté; mais nous avons perdu l'occasion d'une ligue italienne. La médiation ne pouvait avoir d'effet que sur Tautre revers des Alpes. La démocratie française du reste ne peut accuser (ju'elle-méme de ces avortements des pensées du gouvernement provisoire sur T Italie. Ce sont les soulèvements déniagogicjues et socialistes de juin qui ont entravé sans doute l'armée des Alpes sous le gouvernement du général Cavaignac, et amené conmie une consécjuence fatale Todieuse guerre de la France contre Rome. Mais la France et Tltaiic ne

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h^e laisseront pas désunir par des nialenlendiis de gouvernements. Elles ont pour traité la nature.

Telle était la situation de la Fiance au dehors au connnencenient d'avril. L'Angleterre, ramenée par la sage modération du gouvernement aux sentiments, au respect et à Tadmiration pour une démocratie (jui contenait à la fois Tanarchie et la guerre, n'avait aucun prétexte d'aigreur ou dliostilité. La nouvelle Uépul)li(jue IVançaise était populaiie à Londres.

l'n seul honnne la calomniait dans ses paroles et dans ses écrits dans toute la Giande-Bretagne. C'était lord Brougham, esprit éminent, mais capricieux et discors. Ecrivain universel, mais superliciel , orateur de verve, mais non de génie; |)arvenu lui-même de la démocratie, lord l^rougham affectait le rôle posthume de lUirkc contre une Uépul)li{|ue (jui n'avait ni le sang d'une, rcini^ ni même le sang (Tuii m'uI ciloyii sur les mains. Ses diatribes mouraicMit (Tinanition vi d'inipuissance; ses sarcasmes retombaient sui' lui; cai* lord Broughan\ , à rimitation d'Anacharsis Clootz, avait sollicité du gouxiMiiement provisoin* le litre do citoyen de la K(*pul)li(|U(\

L(î |)arlement et loid Palnu^rston se montraient pénétrés du seuliineiil de liin iolabilile des j)(Mi|)les dans leur transformation intérieure. Ils montrèrent, ainsi (jiie lord Noi nianby, ambassadeur d'Angleterre à

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Paris, moins de susccptil)ilité politique sur certains actes et sur certaines paroles de la République qu'ils n'en auraient montré peut-être envers un gouvernement monarchique bien assis. On voyait cju'ils tenaient compte des circonstances difficiles contre lesquelles le gouvernement provisoire luttait pour conserver la paix. Ils donnaient des égards et du temps à la fondation et à la caractérisation de la politicjue française. En cela , le gouvernement de lord Palmerston mérita bien de l'humanité. Les démocraties sont ombrageuses; Lamartine avait assez de peine à faire évaporer les restes des vieux préjugés anti-britanniques : une impatience de lord Palmerston aurait tout compromis. C'est la période de sa vie politique où il fut le plus homme d'État, parce qu'il fut le plus longanime et le plus philosophe.

Le soulèvement de la Lombardie et les premiers avantages de Charles-Albert, les agitations de la Bohème, l'indépendance de la Hongrie, la convocation de la diète de Francfort pour constituer en fédération germanicpie le principe métaphysique de l'unité allemande, avaient tellement démembré et déconcerté l'Autriche, qu'elle faisait fi\ire officieusement à T Angleterre et à la France des premières ouvertures de concession en Italie de nature à satisfaire à hi i\)\< la Sardaigne, la France, l'Angleterre et rindepcndancc du nord de l'Italie.

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In honnne d'Élat mal informé, M. Tliicrs , en dénaturant plus tard à la tribune la politique étrangère du gouvernement provisoire, a dit que le gouvernement avait écarté ces propositions. C'est le contraire ([ui est vrai. Lamartine était trop ami de la paix et trop ami de rilalic pour écarter des propositions qui assuraient dans une large i)roportion la paix et Tindépendance. Les envoyés de rAulricho le faisaient oflici(;usement juge des olîres que le cabinet de l'Empereur était disposé à faire à la Sardaigne. Il s'agissait de l'abandon de la Lombardie et des duchés de Parme, d'une constitution donnée à Venise sous une viceroyauté indépendante d'un j)rinco do la maison d'Autriche. Lamartine n'hésita pas à reconnaître que ces propositions satisfaisaient largement aux légitimes and)itions d'allVanchissement de l'Italie et à encourager le cabinet autiichien à des négociations sur ces bases. l)(Mix fois ces ouvertures lui furiMit faites semi-ofliciellement et deux fois il tint le même langage. Il n'eut été i)i homme d'Ktat, ni j)atriote s'il les eut repoussées, car la conclusion d'un arrangement pareil p(M-mettait à lal{épul)li(|uedereclilier unedesesfrontièn^sébréchées après les Cent-jonis par le second traité de 1815 , et il y pensait do loin.

Au dedans, la Iranco calnitv nuMliiiul sur les pro- (•hain(^s élections générales. VA\o déballait sans pré-

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