LIVRE TREIZIÈME. 2<i
futures et de préparer les voies les plus courtes au rétablissement des choses et des homaies des vieilles monarchies; les partisans de l'élection immédiate voyaient dans les hommes du parti contraire des ambitieux et des parvenus de la liberté frémissants de se déposséder d'un pouvoir inespéré que la fortune avait mis dans leurs mains , et prêts à se déclarer les seuls tuteurs de la République, afin de dominer et peut-être de déchirer la patrie en son nom.
Enfin, les chefs de sectes socialistes et les tribuns de la classe industrielle tremblaient de voir leurs tribunes renversées et leur empire détruit par l'avénement des provinces à Paris. Cette répulsion commune contre l'installation du pouvoir national semblait rapprocher les socialistes et les conventionnels, deux partis qui devaient s'unir plus tard, mais qui se haïssaient jusqu'à ce moment.
Les délibérations du gouvernement lui-même se ressentaient de rinfiuence de ces partis extérieurs dont les deux esprits s'efforçaient d'y pénétrer. Ces délibérations devenaient rares, ombrageuses et courtes, souvent irritées. La majorité était décidée à faire de cette (juestion le texte de l'union ou du déchirement du gouvernement. Un jour final fut fixé pour prendre une résolution suprême à cet égard. La séance fut longue mais sans convulsion. ]\L Ledru Rollin lut l'extrait des rap|)orts de ses commissaires; il (h'Muouti'a avec évidence par les dates et |)ar la udlurc» des opérations préparatoires à accomplir (|U(î le hMups
matériel pour raccoinplissement de ces opérations exigeait sept ou iuiit jours au delà du terme lixé [)ar le premier décret. On reconnut à F unanimité (jue dans rintérét de la sûreté de l'Assemblée nationale, il fallait attendre que la garde nationale de Paris lut organisée, habillée et armée , pour (jue cotte force civicjue put entourer la rpj)résentation de la France de sécurité et de respect. Il fallait un certain nond)rc de jours |)our cpie cette garde nationale renouvelée lut sous les armes; on fixa les élections générales au 2l\ a\ril, jour de Pà(iues, et l'ouverture de l'Assemblée nationale au 4 mai.
Cette resolution |)rise loyalement dun commun accord dissipa bien des doutes dans les esprits prévenus les uns contre les autres, et eahna bien des iiiitations sourdes (pii couvaient dans les cœurs. La majorité du gouvernement vit cpie la minorité se confondait avec elle et se livrail avec moins de conliancc peut-être, mais avec la même sincérité, au pays. De ce joui-, les hommes éloignés se ra|)prochèrent. La majoiité avait obtenu ce qu'elle voulait, puiscjue la dictature était abjurée loyalement par tous les |)artis.
Quelques tirailleuKMits se firent cejiemlant encore sentir dans les paroles et dans les actes relatifs aux élections : on diMuta une circulaire du ministre do rintérieur. D'accord sur res|)i'it, on linit jiar transiger sur les tcM'ines. Lue mesure i)lus révolutionnaire était persévérannnent demandée non par M. Ledru Hollin, mais pur les délégués du Luxend)ourg et des clubs des