‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 132 sur 216 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

ouvriers industriels de Paris. Cette mesure consistait à accorder à ces réunions l'envoi dans chaque département de deux ou trois émissaires choisis dans les différentes catégories des ouvriers de la capitale, et dont la mission serait payée à titre de secours de la République sur les fonds du ministère de l'intérieur. Ce secours devait se monter à une somme de cent ou cent vingt mille francs. M. Ledru Rollin se refusait à prendre sous sa seule responsabilité l'emploi d'une somme si forte, à moins d'être couvert par le consentement formel du conseil. Le conseil autorisa la mesure et la dépense : il recommanda au ministre de surveiller le choix de ses émissaires, de ne désigner que des hommes probes, modérés, et non des agitateurs, et de limiter leur mission à la propagation des saines doctrines républicaines et des informations techniques sur l'exercice de leurs droits électoraux. Toute immixtion même confidentielle de ces agents au nom du gouvernement dans les candidatures leur fut interdite. A ces conditions la mesure fut autorisée; elle était justifiée dans l'esprit niême de ceux qui y répugnaient et qui en prévoyaient les inconvénients par la nécessité de ramener les deux cent mille ouvriers de Paris à l'acceptation volontaire du terme assigné aux élections. C'était une concession à l'urgence, un sacrifice à la concorde; une insurrection de deux cent mille ouvriers de Paris contre le terme rap|)roché des élections aurait coûté plus (Tor et plus de sang. Tel fut Tesprit de celle concession : elle fut une faute. Le ministre des affaires

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étrangères le senlait en y consentant. Ouelqnes-uns de ces hommes scandalisèrent l'opinion et la morale par des actes et par des correspondances qui salirent leur mission. Mais leur mission demandée par les uns, tolérée par les autres, reconnue nécessaire par tous , n'eut pas d'autre motif, ni un autre objet. Quoique mallieureuse dans les choix cette mesure contribua puissamuient à faire accepter et rapprocher les élections.

A cette épo(jue, Lamartine prévoyant après la \vunion de l'Assemblée nationale des agitations inévitables et des nécessités mililaiies, se préoccupa secrètement et vivement d'une organisation de l'armée plus active, de son lapprochcment de Paris, et de son commandement donné à un clK^f ferme, populaii'e et républicain. Pour repopulariser l'armée, il fallait (jU(^ le chef définitif qu'on lui donnerait fut à la fois un militaire agréable au soldat et un homme polilicjue au-dessus du soupçon de trahison contre la Hej)ul)li(jue.

M. Arago, à la fois ministre de la guerre et ministre de la marine, suflisait à ces deux grandes adminislialions par l'activité et par l'étendue de son es|)rit. Son noFu , jus(|ue-là, axait sci \ i à éteindre les rivalités (jui auraient pu s'élever entre les olViciers-généraux, facilement jaloux de la |)référcnce (|uo le gouvernement

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