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venait plus rarement au conseil et n'y faisait que de courtes apparilions. Louis Blanc et Albert, patrons avoués des délégués du Luxembourg et des trente ou quarante mille ouvriers qui composaient leur armée, parlaient de mécontentements menaçants et promulguaient des exigences impérieuses au nom de cette partie du peuple. Ils ne les justifiaient pas, mais ils les articulaient sous forme d'avertissements au gouvernement.
Ils paraissaient informés par ces hommes, et par leurs rapports personnels avec les clubs et avec d'autres centres d'action, de quelque grand mouvement populaire de nature à imposer à la majorité les volontés extrêmes et le dernier mot de la multitude.
A la séance du 14 avril, qui se prolongea fort avant dans la nuit, les indices parurent plus significatifs, et les deux chefs du Luxembourg avouèrent avec une douleur mêlée de reproches ([u'unc manifestation immense, semblable à celle du 17 mars, mais j)lus décidée à obtenir rajournement des élections et la satisfaction d'autres griefs, aurait lieu le surlendemain dimanche 1G avril.
Le gouvernement fut indigné j)lus qu'étonné : assez de rumeurs rorncillies par les dillerents membres de la majorité, de tous les côtés de l'horizon, annonçaient depuis quel(|ues jours une tentative des partis extrêmes pour épurer le gouvernement [)rovisoire des piincipaux membres de la majorité, et pour eliaiii^er la minoriti'^ en majorit('' , par radjonriion (Tun ceiLiin
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nombre de chefs de clubs et de factions. On parlait d'un comité de salut public qui retremperait la dictaturc dans la souveraineté ochlocrafique d'une seule partie du peuple, qui déchirerait le décret des élections, qui concentrerait le i^^ouvernement dans la capitale, qui l'exercerait un certain temps avant de s'en dessaisir et qui convoquerait une Convention après avoir épuré les électeurs.
Lamartine feignait d'apprendre ce projet de manifestation pour la première fois de la bouche de ses deux collègues; il ne les soupçonnait pas d'y tremper; il en soupçonnait moins encore le ministre de l'intéricui"; mais il pensait ({u'Alberl , Louis Hlanc et les hommes de la minorité du gouvernement pourraient avoir sur les organisateurs de ce mouvem(Mil une inlluence et une autorité (ju'il iTiiNail pas lui-même sur cette j)aitie de la révolution. Va\ conséciuence, il les adjura av(H' une douiiuir vrai(^ , mais avec une énergie de i)aioles (ju'il exageiait à (l(>ss(>in , d'employer toute leur action morale sur la partie du p(Mq)lo dont ils disposaient, pour prévenir ime mauilestation si intempestive, si odieuse aux (lepailemenl>, si alarmaule pour la paix de Paris, si mortelle à racc(^|)tatiou de la Uepublicpu». Il \r\\v liaea en tiails iapi(l(>s mais saisissants les eousecpiences d'une ruj)tur(^ \iolente de l'unité du gouvernement cousimnin' jusipuNJà au prix de tant de sacrilices. Il leur nioulra les nou- ^eaux dictateurs par droit (re|)urali()ii |)opulaire épurés eux-mêmes huit jours aj)iès, el \ielinies ine\i-