‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 141 sur 216 · LIVRE TUKIZIËMt · texte numérisé non relu

LIVRE TUKIZIËMt

« alors rinsurrection prise entre deux feux , sera « étouffée dans son sang; le gouvernement sera déli- « vré, et une force organisée invincible sera enfin « retrouvée pour la République! Je suis prêt pour les « deux éventualités. »

Ce qui fut dit fut fait. Le ministre de Tintérieur, aussi résolu que Lamartine à tenter la résistance et le combat , alla donner les ordres pour faire battre le rappel.

Lamartine ne revit plus son collègue de la journée. Il confia sa femme à des amis qui devaient la mettre en sûreté dans le cas où il aurait succombé. Il sortit accompagné d'un jeune élève de Saint-Cyr, fils du brave général de Verdière, et du colonel d'état-major Callier, homme d'une intelligence froide et d'une bravoure impassible, qu'il avait connu en Orient, et qu il avait attaché au ministère des affaires étrangères.

Il se rendit d'abord chez le général Duvivier, à l'état-major de la garde mobile. Il monta seul; le général était absent. Son chef d'état-major et son secrétaire, informés par Lamartine du mouvement qui se préparait, suppléèrent le général et choisirent avec lui les quatre bataillons les plus exercés et les plus rapprochés de l'ilotel de Ville. Ils leur envoyèrent l'ordre de se porter à Tinstant sur la place de Grève.

Au moment où Lamartine descendait l'escalier [)our s'y porter lui-même, il rencontra le général Duvivier (jui rentrait; il remonta avec lui.

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Le général l)u\ i\ ior élail un de ces hommes qu'aiicunc extrémité ne surj)i'en(l, tju'aucun dani^er ne trouble, parce qu'ils croient religieusement à la l(d du d('\()ir et que leur foi se repose sur Dieu pendant (]ue leur courage agit sui' la terre; sorte de fatalistes |)ieux dont le destin est la Providence. Le général leclifia avec sang-froid quchpies-uns des ordres donnés en son absence. Il ordonna de seller son cheval, et promit de se trouver à la tète de ses jeunes soldats, (ju'il aimait comme ses enfants et (juil entraînait connue des héros. Mais il n'y avait point do cartouches; Lamartine courut en cherchei" à l'étatmajor de la garde nationale dans la cour des Tuileries.

Le général Courlais était al)sent. Une légère altercation s'éleva au sujet du rapj)el entre Lamartine et le chef d'état-major, ([ui idusait de ei'oire au mouvement et (pii s'alai'inait d(> relTcl produit dans Paris par le rappel battu cl pjii* le coiillil (|iii pomrail ni être la c()nsé(pience. Lamartine s'irrildil du retard; le général Courtais en rentrant mit lin à écrite hésitation, en déclaraid (pie le ministre (1(^ riiiliMiciir lui aNait donné Toi'dre de battre le rai)pel et (pie Toidre serait exécuté. LamartiiK^ partit sni\i d'nn convoi de carloiiches et s(î rendit à TlltMcl de \ille. Le rassemblement giandissait au Champ-de-Mars ci commenç^'ail à se foruMM- en colonnes |)our s'ei)ranler.

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