‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 159 sur 216 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« un peuple, nous ne fîmes qu'écrire le cri de la nation. « Notre première pensée, comme le premier besoin « du pays après la proclamation de la République, fut « le rétablissement de l'ordre et de la sécurité dans « Paris. Dans cette œuvre, qui eût été plus difficile et « plus méritoire dans un autre temps et dans un autre « pays, nous fumes aidés par le concours des citoyens. « Pendant (ju'il tenait encore d'une main le fusil dont « il venait de foudroyer la royauté, ce peuple magna- « nime relevait de l'autre main les vaincus et les bles- (( ses du parti contraire. 11 protégeait la vie et la pro- « priété des habitants; il préservait les monuments « publics; chaque citoyen de Paris était à la fois sol- « dat de la liberté et magistrat volontaire de l'ordre. « L'histoire a enregistré les innombrables actes d'hé- « roïsme, de probité, de désintéressement, qui ont « caractérisé ces premières journées de la République. « Juscju'ici, on avait quelquefois llatté le peuple en « lui parlant de ses vertus, la postérité, qui ne Halte « pas, trouvera toutes les expressions au-dessous de « la dignité du peuple de Paris dans cette crise.

« Ce fut lui (pii noiis inspira le premier décret des- « tiné à donner sa vraie signification à la victoire, le « décret d'abolition de la peine do mort en matière « politique. Il l'inspira, il l'adopta, i! le signa par une « acclamation de deux cent mille voix sur la jdace et (( sur le (|uai de rUolel de Ville; pas un cii (1(^ colère « ne protesta. La France et TLurojx' conipriicul (|uc (( Dieu avait ses insj)iralion> {\;\\\> la foule, et (|u'nne

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« révolution inaugurée par la grandeur d'ànie sérail « pure comme une idée, magnanime comme un senti- « ment, sainte comme une vertu.

« Le drapeau rouge , présenté un moment non (( comme un symbole de menaces ou de désordre , (( mais comme un drapeau momentané de victoire , « lut écarté par les combattants eux-mêmes i)our « couvrir la Républicjue de ce drapeau tricolore (jui « avait ombragé son berceau et promené la gloire de « nos armées sur tous les continents et sur toutes les « mers.

« Après avoir établi Tautorité du gouvernement « dans Paris, il lai lait l'aire reconnaître la Républi(|ue « dans les départements, dans les colonies, dans TAI- (f liérie, dans Tarmée ; des nouvelles télégrapliiciues « et des courriers y sufllrent. La France, les colonies, « les armées, reconnurent leur pro[)re pensée dans la « pensée de la Républicpie. Il n'y eut résistance ni «■ d'une main, ni (Tune voix, ni d'un ccrur libre en « France à Tinslallation du gouvernement nouveau.

« Notre seconde pensée fut pour le dehors. L lui- « ro|)e indécise attendait lepreiiiier mol de la France: « ce premici' mol lui l'abolition de fait et de droit des (( traités réactionnaires de ISIT), la liberté rendu(^ à « notre |)olirKiiie extérieure, la déclaration de paix « aux leiriloires, de sympallii(î aux peuples, de jus- « lice, de loyauté et de modération aux gouverne- « ments. La France, dans vv manifeste, se désarnja de « son iunbilioii, mais ne se» (U^^arma [)as do ses idées.

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