‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 160 sur 216 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« Elle laissa briller son principe : ce fut toute la « guerre. Le rapport particulier du ministre des u affaires étrangères vous dira ce que ce système de « la diplomatie au grand jour a produit et ce qu'il « doit produire de légitime et de grand pour les « influences de la France.

« Cette politique commandait au ministre de la « guerre des mesures en harmonie avec ce système « de négociation armée : il rétablit avec énergie la « discipline à peine ébranlée; il rappela honorable- « ment dans Paris l'armée un moment éloignée de « nos murs pour laisser le peuple s'armer lui-môme; a le peuple désormais invincible ne tarda pas à rede- « mander à grands cris ses frères de l'armée , non- « seulement comme une sûreté, mais comme une décoce ration de la capitale. L-'armée ne fut plus dans Paris « qu'une garnison lionoraire destinée à prouver à nos « braves soldats que la capitale de la patrie appartient (( à tous ses enfants.

« Nous décrétâmes, de plus, la formation de quatre « armées d'observation : l'armée des Alpes, Tarmée (( du Rliin, l'armée du Nord, l'armée des Pyrénées.

« Notre marine , confiée aux mains du môme (c ministre comme la seconde armée de la France, fut « ralliée sous ses chefs dans une discipline commanc( dée par le sentiment de sa vigilance. La Hotte de « Toulon alla montrer nos couleurs aux peuples amis « de la France sur le littoral de la Méditerranée.

« L'armée d'Alger n'eut ni une heure ni une pensée

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« d'hésitalion. La lU'publicjiie et la patrie se confon- « dirent à ses yeux dans le sentiment d'un même « devoir. Un chef dont le nom républicain, les senti- « ments et les talents étaient des gages à la fois pour « l'armée et pour la révolution, le général Gavaignac, « reçut le commandement de l'Algérie.

« La corruption (jui avait pénétré les institutions « les plus saintes obligeait le ministre de la justice à « des épurations demandées par le cri public. Il fallait « promptement séparer la justice de la politique : le « ministre fit avec douleur mais avec inflexibilité la « séparation.

« En proclamant la Uépublicjue, le cri de la France « n'avait pas proclamé seulement une forme de goûte vcrnement , elle avait proclamé un j)rincipc. Ce a principe c'était la démocratie praticjue, l'égalité par « les droits, la fraternité par les institutions; la révo- (( lution accomplie j)ar le peuple dexait s'organiser, « selon nous, au |)rolil du peu|)le par une série d'in- « stitutions fraternelles et lutélaires propres à confertM' « régulièrement à tous les conditions de dignité indi- (( viduelle, d'instruction, de lumière, de salaire, do « moral it('% d'éléments de travail, d'aisance, de secours, (f et d'avènement à la propriété, (jui sup|)i"imassent lo i< nom servile de pr()lèlair(\ vi {\\\\ élevassent le tra- « vaill(Mir à la lianlcnr de dioil, de devoir cl d(*. bien- « être des pren)i(MS-iies à la jtropriète. MIcvcr et enri- « cliir les uns sans abaisser et sans dégrader les autres, « consiMV(M' la piopriétè, v\ la riMuln^ plus féconde et

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« plus sacrée en la multipliant et en la parcellant dans « Iqs mains d'un plus grand nombre, distribuer l'impôt « de manière à faire tomber son poids le plus lourd (( sur les plus forts, en allégeant et en secourant les « plus faibles, créer par l'État le travail qui manque- (( rait accidentellement par le fait du capital intimidé, « afin qu'il n'y eut pas un travailleur en France à qui « le pain man(juàt avec le salaire ; enfin étudier avec « les travailleurs eux-mêmes le phénomène pratique « et vrai de l'association et les théories encore pro- « blématiques des systèmes pour y chercher conscien- « cieusement les applications, pour en constater les « erreilrs, telle fut la pensée du gouvernement provi- « soire dans tous les décrets dont il confia l'exécution « ou la recherche au ministre des finances, au minisire (( des travaux publics , enfin à la commission du « Luxembourg, laboratoire d'idées, congrès prépa- « ratoire et statistique du travail et des industries, « éclairé par des délégués studieux et intelligents de « toutes les professions laborieuses, et présidé par (( deux membres du gouvernement lui-même.

« La chute soudaine de la monarchie, le désordre « des finances , le déclassement momentané d'une « masse immense d'ouvriers manufacturiers , les (( secousses que ces masses de bras inoccupés pouce vaient donner à la société , si leur raison , leur « patience et leur résignation praticpic iravaient pas « été le miracle de la raison du peuple et ratlmiralion (( du monde ; la dette exigibh^ de près d'un milliard

« cjuc le gouvernement déchu avait accumulée sur les « deux premiers mois de la République; la crise des « industries et du commerce, universelle sur le con- « tinent et en Angleterre, coïncidant avec la crise police tique de Paris; l'énorme accumulation d'actions de « chemins de fer ou d'autres valeurs fictives saisies à (( la fois dans les mains des porteurs et des banquiers « par la panique dos capitaux; enfin , Timagination « du i)ays (jui se fiappe toujours au delà du \rai <c aux époques d'ébranlement politique et de terreur (( sociale; avaient tari le capital travaillant, fait dis- « paraître le numéraire, sus|)endu le travail libre et « volontaire, seul travail suflisant à tioiilc-ciiKj niil- « lions d'honnups : il fallait y suppléer provisoire- « ment ou mentir à tous les principes , à toutes les « prudences, à toutes les nécessites secourables de la (( llépul)Ii(jue. Le ministre des finances vous dira « conmient il fut pourvu à ces évanouissements du (( travail et du crédit, en attendant le moment enfin « arrivé où la confiance rendue aux esprits rendra le « ca[)ital à la main des manufacturiers , le salaire aux « travailleurs, et où votre sagesse et votre puissance « nationale seront à la hauteur de toutes les diffi- « cultes.

« Le ministère de Tinstruction |)ubli(jue et des « cultes, remis dans la mcm(* main, fut |)our \c gou- « vernemeni une manifcslalion d'intention et poni' le u pays un |)i'(^ss(Milinicnl de la ^ll^lilll<)ll nouNcllc (pic » la Képul)li(pie voulait et devait prendre dans la

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