LIVRE QUATORZIÈME
« double nécessité d'un enseignement national et « d'une indépendance plus réelle des cultes égaux et (( libres devant la conscience et devant la loi.
(( Le ministère de l'agriculture et du commerce, « ministre étranger par sa nature à la politique , ne « put que préparer avec zèle et ébaucher avec sagace cité les institutions nouvelles appelées à féconder le « premier des arts utiles. Il étendit la main de l'État (( sur les intérêts souffrants du commerce que vous « seuls vous pouvez relever par la sécurité.
« Telles furent nos diderentes et incessantes sollici- « tudes. Grâce à la Providence, qui n'a jamais plus ce évidemment manifesté son intervention dans la cause (( des peuples et de l'esprit humain, grâce au peuple ce lui-même, qui n'a jamais mieux manifesté les tré- « sors de raison , de civisme , de générosité , de (( patience, de moralité, de véritable civilisation que <( cinquante ans de liberté imparfaite ont élaborés « dans sonàme, nous avons pu accomplir, bien im[)ar- « faitement sans doute, mais non sans bonheur pource tant, une partie de la tache immense et périlleuse « dont les événements nous avaient chargés.
ce Nous avons fondé la République, ce gouvernece ment déclaré impossible en France à d'autres condice tions que la guerre étrangère, la guerre civile, ce l'anarchie, les prisons et l'échafaud; nous avons ce montré la République heureusement conq)atible avec « la paix européenne, avec la sécurité intérieure, avec ee Tordre volontaire, avec la liberté individuelle, avec
3ij HKVOLUTION l)K lsi8.
(( la (louc(Mir et la sérénité des mœurs d'une nalion u pour (jiii la liaine est un supplice et pour qui Thar- « nionie est un instinct national.
« Nous avons promulgué les ii:rands })rincipes « d'égalité, de fraternité, d'unité, ipii doivent, en (( se développant de jour en jour, dans nos lois, faites (( par tous et pour lou.-^, accomplir Tunilc du peuj)Ie « par l'unité de la représentation.
« Nous avons universalisé le droit de citoyen en « universalisant le droit d'élection, et le suffrage uni- « versel nous a répondu.
« Nous avons armé le peuple tout entier dans la « garde nationale , et le |)euple tout entier nous a « répondu en vouant l'arme cjue nous lui avons con- « lié(^ à la défense unanime de la pati'i(\ de Tordre el « des lois.
« Nous avons passé l'interrègne sans autre force « executive que l'autorité morale entièrement d(^sar- « mée dont la nation voulait bien reconnaître le droit « en nous, et ce peuple a consenti à se laisser gou- « verner j)ai' la i)arole, pai- nos conseils, par ses prou près et généreuses inspirations.
« Nous avons traversé plus de deux mois de crise de « cessation d(» liavail, de misère, d'éléments d'agila- « tion politi(pu^, d'angoisses sociales, de* passions, « accumulées en masses innombrables dans uuv capi- (( taU^ d'un million el demi (riiabilanls, sans (jue les u propriétés aient ele violées, sans (|n"uii(' colère ait « menace une \ie, sans (ju'une lépression, une pro-
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«. scription, un emprisonnement politique, une goutte « de sang répandue en notre nom ait attristé le gou- « vernement dans Paris. Nous pouvons redescendre a de cette longue dictature sur la place publique et « nous mêler au peuple sans qu'un citoyen puisse (c nous dire : « Qu'as-tu tait d'un citoyen? »
« Avant d'appeler l'Assemblée nationale à Paris, « nous avons assuré complètement sa sécurité et son c( indépendance en armant , en organisant la garde (( nationale, et en vous donnant pour garde tout un « peuple armé. Il n'y a plus de faction possible dans « une Ré[)ubli([ue ou il n'y a plus de division entre « les citoyens politiques et les citoyens non politiques, « entre les citoyens armés et les citoyens désarmés. « Tout le monde a son droit , tout le monde a son « arme. Dans un pareil État l'insurrection n'est plus « le droit extrême de résistance à l'oppression, elle « serait un crime. Celui qui se sépare du peuple n'est « plus du peuple! Voilà l'unanimité que nous avons « faite; perpétuez-la, c'est le salut commun.
« Citoyens représentants î notre œuvre est accom- « plie, la votre commence. La présentation même d'un « plan de gouvernement ou (Tun [)rojet de constitu- « tion eut été de notre part une prolongation téméraire « de pouvoir ou un empiétement sur votre souverai- « neté Nous disparaissons dès que vous êtes debout « pour recevoir la République des mains du peuple; (( nous ne nous p(M inottrons qu'un s(Md conseil et un (( seul vœu, à titre de citoyens, et non à lilie de uwm-
3ifi RI^:VOLUTION DH 1848.
« l)rcs (lu i,^oiivcrneinenl provisoire. Ce vœu, citoyens, a la France l'émet avec nous, c'est le cri de la circon- « stance; ne perdez pas le temps, cet élément priii- « ri[)al des crises humaines. Après avoir absorbé en a vous la souveraineté, ne laissez pas un interrègne « nouveau allanguii" les ressorts du pays. Qu'une com- « mission de gouvernement, sortie de votre sein, ne « permette pas au pouvoir de flotter un seul instant « de plus, précaire et provisoire sur un pays (}ui a « l)esoin de pouvoir et de sécurité. Qu'un comité de « constitution, émané de vos suffrages, apporte sans (( délai à vos délibérations et à votre vote, le niéca- « nisme simple, bref et d('Mnocrali(]U(; de la constituer tion. dont vous délibérerez ensuite à loisir les lois « oiganifjues et secondaires.
« Kn attendant, connue membres du gouvernement « nous vous remettons nos pouvoirs.
« Nous remettons avec confiance aussi à votre juge- « ment tous nos actes. Nous \()us prions seulement « (le vous reporl(M- au temps, et de nous tenir eomj)te a (les (lillicnllés. Notre conscience no nous reproche (( ri(Mi connue intention. La Providence a favorisé nos « efforts. Amnistiez notre dictature involontaire ! nous « ne demandons (ju'à rentrer dans les rangs des bons (( citoyens.
« Puisse seulement Thistoire inscrire avec indul- « gence au-dessous, et bien loin (l(»s grandes choses « faites par la France, le récit de (!(^s trois mois passés « sur le vide entre une monarchie écroulée et une