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Ces derniers mots furent couverts d'applaudissements presque unanimes par les représentants et par les tribunes.
Lamartine revenu à son banc fut obligé de se lever trois fois pour s'incliner devant l'Assemblée qui s'était levée elle-même sur son passage. Tout indiquait (|ue la popularité qui s'était attachée à son nom dans Paris et caractérisée par deux millions trois cent mille suffrages dans les départements, Tcnveloppcrait encore dans l'Assemblée nationale, s'il ne s'en dépouillait pas lui-mcme.
Chaque ministre apporta et lut successivement à la tribune le compte-rendu spécial des actes de son département ; tous reçurent la sanction des applaudissements de l'Assemblée. Lamartine développa plus que ses collègues le tableau de la situation de la nouvelle République vis-à-vis de l'Europe. La France attendait im[)atiemment ce tableau comme elle avait attendu le manifeste à l'Europe. Elle savait (juc sa destinée au dedans dépendait de son attitude au dehors : elle bru-
;iis UÉVOLUTION DK 1848.
lait (le s'en rendre comple pour conjecturer son avenir. Voici lo discours du ministre. C'était son manifeste en action vérilié par trois mois d'épreuves.
« Citoyens! dit-il, il y a deux natures de révolu- « lions dans Thistoire : les révolutions de territoire et « les révolutions d'idées. Les unes se résument en « con(|uêtes et en bouleversement de nationalités et « d'empires; les autres se résument en institutions. « Aux premières la guerre est nécessaire ; aux secondes « la paix mère des institutions du travail et de la « liberté est précieuse et chère. Ouehiuetbis cependant, « les changements d'institutions qu'un peuple opère « dans ses |)ropres limites deviennent une occasion « d'in([Miétude et d'agression contre lui de la part des «autres peu])les et des autres gouvernements, ou « deviennent une crise (Tébraidement et d'irritation « chez les nations voisines. Une loi de la nature veut « (|ue les vérités soient contagieuses, et (\\\o les idées « tendent à prendre leur niveau comme l'eau. Dans ce « dernier cas, les réNohilions |)aili(ip('iil poni' ainsi « dire des deux natures de mouvements ([ue nous « avons signalées : elles sont pacilicpies comme les « révolutions d'idées, elles p(Mi\(Mil rtie forcées de « recourir aux armes comme les révolutions de terii- « toire. Leur attitud(^ (extérieure doit coin^siiondH^ à « ces deux nécessités do leur situalioii. l'illes sont inof- « fensives, mais elles sont debonl : Icui' p()lili(iue p(Mit (f se caraetéi iser (Ml deux in()l>, niu^ diplomatie armée.
« Ces considérations, cito\ens, uni déterminé dès la