LIVRE QUATORZIÈME
« première heure de la République les actes et les « paroles du gouvernement provisoire dans l'ensemble « et dans les détails de la direction de nos affaires exté- « Heures, il a voulu et il a déclaré qu'il voulait trois « choses : la République en France, le progrès naturel « du principe libéral et démocratique avoué, reconnu, « défendu dans son existence et dans son droit et à « son heure, enfin la paix, si la paix était possible, « honorable et sûre à ces conditions.
« Nous allons vous montrer quels ont été depuis le « jour de la fondation de la République jusqu'à aujour- « d'hui, les résultats pratiques de cette attitude de « dévouement désintéressé au principe démocratique (c en Europe, combiné avec ce respect pour l'inviola- « bilité matérielle des territoires, des nationalités et « des gouvernements. C'est la première fois dans l'his- « toire qu'un principe désarmé et purement spiritua- « liste se présente à l'Europe organisée, armée, et alliée f( par un autre principe, et que le monde politique « s'ébranle et se modifie de lui-même devant la puis- « sance non d'une nation mais d'une idée. Pourmesu- « rer la puissance de cette idée dans toute son étendue « remontons à 1815.
« 181 5 est une date qui coûte à rappeler à la France. (( Après l'assaut delà coalition contre la Ré|)ul)li(juc, « après les [)rodiges de la Convention et rex|)losion « de la France armée pour rcfouicr la lii^uo {\v.> puis- « sances ennemies de la révolution, après rc\[)iali()ii « des conquêtes de l'Empire, dont la Frnncc ne veut
« revendiquer que la gloire, la léaclion dos naliona- « lilés violées et des rois liuniiliés se lit contre nous. « Le nom de la France n'avait |)lus de limites; les « limites territoriales de la France géograpliitjue furent « encore rétrécies par les traités de 1814 et de 1815 : « elles parurent disproportionnées au nom, à la sécu- « rite, à la puissance morale d'une nation (|ui avait « tant grandi en inlluence, en renommée, en liberté. « La base du peuple français sendjiait d'autant plus i< restreinte que le peuple lui-même était devenu plus « grand.
« Le traité de 1814, qui liquida notre gloire et nos « njallieurs, nous avait enlevé en colonies Tabago, « Sainte-Lucie, l'île de France et ses dé|)endances, les « Séchelles, Finde française, réduite a des proj)or(ions « purement nominales, Saint-Domingue enlin, dont (( nous étions expropriés de fait et (pi'il fallait re\en- « dre ou reconquérir.
« En territoire annexe au sol national, le traité do (( 1814 adjoignait conmie conjj)ensation à la France, « au nord, (juehpies enclaves de frontières consistant « (Ml une di/aine de cantons ainicxcs aux dé[)artecc inciits de la Moselle cl dc> Ardennes; à Test, une « banlieue il(^ (luehjues districts autoui- de Landau; (( au midi, la pailic piiiicipale delà Savoie, consistant « dans les arrondissements de Chambéry et trAnnecy; « enlin le comte de Monlbeliaid, Mullioust^ et les « enclaves allemandes enfermées dans la ligne de nos « frontières.