LIVRE QUATORZIÈME. 3ol
« Les traités de 1815, représailles de cent jours de (( gloire et de revers, nous dépouillèrent presque aus- « sitôt de ces faibles indemnités des guerres de la a coalition. Ils restituèrent la Savoie française tout « entière à la Sardaigne; ils firent ainsi de Lyon, « capitale commerciale de la France, une place de « guerre exposée et fortifiée. Les Pays-Bas reprirent « de notre ancien sol Pliilippeville, Marienbourg, le (( duché de Bouillon, où nous avions autrefois le droit c( d'occupation et de garnison ; la Prusse Sarrebourg, « dont le cœur seul resta français; la Bavière quelle ques districts; la Suisse cette langue du pays de « (iex qui nous donnait un port sur le lac de Genève « à Versoix; la démolition des fortifications d'Hunin- (( gue^ l'entièreinterdiction de fortifier notre frontière « à moins de trois lieues de Bàle; enfin on nous fit « renoncer, en faveur du roi de Sardaigne, au droit « de protection et de garnison que nous possédions « avant la révolution sur la principauté de IMonaco; « une occupation humiliante de nos places fortes et c( une indemnité de près d'un milliard, amende de nos « triomphes, décimèrent en outre la puissance exté- (( rieure et la puissance rcpi'oductive de la nation. La « Restauration accepta le trône à ces conditions. Ce « fut sa faute et sa perle : la paix et la Cliarlo même, (c cette première i)ierre de la liberté, n'y furent pas « une compensation suffisante. Une dynastie ne peut « giiuulir im[)unément de raffaiblissement du [)ays. « Cependant, à ne considérer que les intérêts iuté-
3i2 RKVOLUTION DE 1818.
« rieurs de la nation, la Saiiile-AUiancc était un sys- « lème anti-populaire, mais n'était pas essentiellement (c un système anti -fiançais.
(( La dynastie de la branche aînée des Bourbons en « se liant comme dynastie à ce système, pouvait y « trouver un point d'appui pour sa légitime influence (( ou pour des comj)lénients de tcriitoire autour d'elle. u Si l'Italie, sur la(juelle l'Autriche s'obstinait à domi- « ner Seule, défendait au cabinet français toute alliance « solide et sympalhicjue a\ec l'Autriche, l'alliance (f russe s'ouvrait à la France. Celte alliance, favorable « à l'agrandissement oriental (h^ la Russie dont la « j)ente est vers TOiient, pouvail (humer à récjuilibi'c^ « continental dont Taxe cul elc rAlleiiuiiiiic , deux a poids égaux c\ prei)()n(l(M'aiils h Saiiit-Pélersi)ourg « et à Paris La Ueslaiiralion eut (jU('l(|uefois Tébau- « che confuse de ces pensées, elle osa avouer des amis « et des ennemis, elle se sentit soutenue contre les jalou- (( sies de la Grande-Bretagne par l'esprit continental. « Avec cet ap[)ui secret, elle contesta persévérannnent (( la suprématie de l'Autriche en llali(% elle (il la guei'rc (( im|)()pulaire, mais non anli lVançais(^ de Ti^^spagne, (( elle coïKniil Alg(M' Sa di|)lomatie fut moins anti- « nationale (jue sa politicpic.
(f La revolulion dv Juillel, révolution avortée avant (f lerme, constituait une monarchie ri'volulionnaire, « une royauté républicaine. La l-rance n'eul pi\s le « courage tout entier de ses idc'es. Le caractère à la u fois incomplet et contradictoire de cclb^ révolution