LIVRE QUATORZIÈME. 3.'i
u donnait au gouvernemenl sorti des trois jours les « inconvénients de la royauté dynastique, sans aucun (( des avantages de la royauté légitime. C'était la Sainte- (c Alliance encore, moins le dogme, et moins le roi : « monarchie entachée d'un principe électif et républi- (c cain aux yeux des rois , répuljlifjue suspecte de « monarchie et de trahison du principe démocratique « aux yeux des peuples.
(( La politique extérieure et intérieure de ce gouver- (( nenient mixte, devait être, dedans et dehors, une « perpétuelle lutte entre les deux principes contraires « qu'il représentait. L'intérêt dynastique lui comman- « dait de rentrer à tout prix dans la Camille des dynasi( tics classées. Il fallait acheter cette tolérance des (( trônes, par des complaisances incessantes; il fallait « conquérir au dedans le droit d'être faible au dehors, « de là le système du gouvernement de Juillet, une « France abaissée au rang de puissance secondaire en « Europe, une oligarchie achetée à force de faveurs « et de séductions au dedans : l'un entraîne l'autre; (( de plus l'esprit de famille, vertu domestique, peut « devenir un vice politi([ue dans le chef d'une nation. « Le népotisme tue le patriotisme.
u La monarchie de Juillet pesait sur notre politi((ue « étrangère du poids des trônes et dos parentés qu'elles (f pré[)arait à ses princes. Vue seule d(^ ses pensées « était vraie, parce (pi'elle correspondait à un grand « besoin de l'humanité : la paix! c'est de cette pensée ff juste (|u'elle a véeu dix-scj)! ans. ^hiis la paix (|ui II. i3
3;U HKVOLUTION DE 18 48.
« convient à la France n'est pas cette paix suballorne (( qui achète les jours et les années en se faisant petite, a en ajournant ses inlluenccs, en voilant ses principes, <f en rétrécissant le nom , en raccourcissant le bras de (( la France; celle-là humilie un peuple en Tatlai- « blissant.
« Pour (juo la paix soit diiinc d'elle, la Uépu- (( l)li(juc doit grandir par la paix. Or, pour grandir « en Europe, il manquait à la monarchie de Juillet (( le drapeau d'une idée : son drapeau monarchique, « il était taché d'usurpation: son drapeau démocra- « tique, elle le cachait et IcdétiMgnait tous les jours.
c( Sa polili(iue extérieure était forcée d'être incolore « connue son principe : ce fut une j)()liti(jue de néga- « tion. File évitait les périls, elle ne pouvait alVecter (( la grandeur.
« Voici ce règne au dehors : le royaume des Pays- « Bas se brisa de lui-même en deux, au contre-coup « des journées de juillet. Une moitié forma celte |)uis- « sauce neutre et intermédiaire devenue utileinciil « poui' la Fiance le royaume de JJelgi(|ue. Aucune « autre modilication {\i\i\> les circonscriptions lerrito- (( riales de TlMiropi» au bénélice de la France n'eut lieu (( pendant cesdix-lmil ans.
« La Russie lui témoigna une répulsion constante et (c personnelle «lui ur s'adressait |)as à la Fraïu'e elle- « même, mais (|ui rejaillissait de la dynastie sur la « nation. Fn \ain l(\s plus |)rcssanls intérêts de la « llussie Tentrainaient-ils vers une allianci». française,