‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 168 sur 216 · LIVRE QUATORZIÈME. :V · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME. :V

« pensée unique de la politicfue dynastique à laquelle « la France était subordonnée. L'acconiplissenient de « ce vœu devait déchirer Ijientôt ces derniers liens « d'amitié entre l'Angleterre et la France. Trop peu « ambitieux pour la nation, le cabinet des Tuileries « afïectait deux trônes à la fois pour une famille. La « politique posthume de la maison de Bourbon se « substituait témérairement à la politicpie de liberté et « de paix sur le continent. La France ne recueillait i( de ce mariage que l'inimitié permanente du cabinet « britannique, la jalousie des cours, les ombrages de « l'Espagne, et la certitude d'une seconde guerre de a succession. A ce premier vertige de la royauté, les a hommes d'Etat purent conjecturer d'autres pro- « chains vertiges, et prévoir sa chute.

« De nouveaux symptômes ne tardèrent pas à conu firmer celui-ci ; suspecte à l'Espagne, odieuse à la « Russie, déshonorée en Turquie, indifférente à la « Prusse, menaçante pour l'Angleterre, la politicpie « dynastique du cabinet français se tourna contre « nature vers l'Autriche. Ce contre-sens ne lui coûtait « pas seulement sa grandeur et sa sécurité, il lui coû- « tait l'honneur. Pour obtenir de l'Autriche le pardon « de la maison do Bourbon, en Espagne, il fallait i< abaisser partout devant l'Autriche le drapeau de la a révolution, et lui sacrifiera la fois ITtalie, la Suisse, f( le Rhin, l'indépendance et le droit des peuples; il « fallait former avec l'Autrirhc la lii:u(i de Tabsolu- « tisme en étouffant à son prolit et à notre honte les

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« gormes (rindépcndancc, de lil)éraliïimc et de force « nationale cjui se manifestaient du dclroit de la Sicile (( jus(iu'au cœur des Alpes. Le cabinet français osa (( praticjuer celte politi({ue servile et la défendre devant « uneCliand)re française. L'ànic révolutionnaire de la (( Trance se souleva d'indignation dans son sein. Le « nnnistèrc dynastique acheta le vote d'une majorité, « pour vendre ifnpunénient le principe national et le « |)rincipe démocrali(jue dans les négociations rela- « tives à la Suisse et à Tltalie. Il entraîna queUiues jours « après dans l'abîme la royauté ([ui l'avait entraîné « lui-même dans sa personnalité.

« Ainsi, après dix-huit ans de règne et d'une diplo-

« matie (ju'on croyait habile parce qu'elle était inté-

« ressée, la dynastie remettait la France à la Hepu-

u l)li(pie, plus cernée, plus garrottée de traités et do

(( limites, |)lus incapable de mouvement, plus dénuée

« d'iidluences et de négociations extérieures , plus

« entourée de pièges et (rimpossibililés (jaellc ne le

(c fut à aucune épo(|ue de la monarchie, emprisonnée

« dans la lettre si souvent violée contre elle des traités

a do 1815, exclue de tout TOrient, complice de TAu-

« triche en llalieeten Suisse, complaisante de TAn-

« gleterie à Lisbonne, compromise sans avantage à

« Madrid, obsécjuieuse à Vienne, timide à Berlin, haïe

« à Saint-Pétersbourg, discréditée |)Our son ptni de

« foi à Londres, désertée des |)euples pour son aban-

« don du principe démocraticpie en face d'une coali-

'( lion morale reliée partout contre la France, et (pii

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