‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 171 sur 216 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

i< c'est le principe qui devient la véritable frontière de V la France, ce n'est pas son sol qui s'élargit, c'est son « influence, c'est sa sphère de rayonnement et d'at- « traction sur le continent, c'est le nombre de ses alliés (( naturels, c'est le patronage désintéressé et intellec- (( tuel quelle exercera sur ces peuples, c'est le système « français enfln substitué en trois jours et en trois « mois au système de la Sainte-Alliance.

« La République a compris du premier mot la poli- « tique nouvelle que la philosophie, l'humanité, la « raison du siècle devaient inaugurer enfin par les (( mains de notre patrie entre les nations. Je ne vou- « drais pas d'autre preuve que la démocratie a été « l'inspiration divine et qu'elle triomphera en Europe « aussi rapidement et aussi glorieusement qu'elle a {( triomphé à Paris. La France aura changé de gloire, (( voilà tout.

(( Si quelques esprits encore arriérés dans l'intelli- « gence de la véritable force et de la véritable grande deur, ou impatients de presser la fortune do la « France, reprochaient à la l{é[)ubli([ue de n'avoir pas « violenté les peu[)les pour leur offrira la pointe des « baïonnettes une liberté (lui aurait l'cssemblé à la (( conquête, nous leur dirons : Regardez ce qu'une « royauté de dix-huit ans avait fait de la France, « regardez ce (jue la Républicpie a fait en moins de «trois mois! comparez la France du 2.'i juillet h la « France du 6 mai! et prenez patience^ mèuic pour hi « gloire, et donnez du temps au principe qui travaille, II. 2ï

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« (jui combat, cjui transforme et (jui assimile le monde " pour vous!

« La France extérieure était emprisonnée dans des « limites qu'elle ne pouvait l)riser (jue par une guerre « générale. L'Kuroj)c , j)euj)les et gouvernements « étaient un système d'une seule pièce contre nous; « nous avions cinq grandes puissances compactes et « coalisées par un intérêt anti-révolutionnaire com- « mun contre la France. L'Espagne était placée comme (( un enjeu de guerre entre ces puissances et nous; la ((Suisse était trahie, l'Italie vendue, rAllemagne « menacée et hostile; la France était obligée de voiler « sa nature populaire et de se faire petite, de peur « d'agiter un peuple ou d'incpiiéler un roi ; elle s'af- (( faissait sous une paix dynasticpie et disparaissait du « rang de^ premières individualités nationales, rang (( (jue la géographie, la nature et surtout son génie « lui commandent de garder.

(( Ce j)oids soulevé, voyez quelle autre destinée lui (( fait la paix républicaine. Les grandes puissances (( regardent avec incpiiétude d'abord, et bientôt avec « sécurité, le moindre de ses mouvements, aucune « d'elles ne proteste contre la révision éventuelle et « légitime des traités de 18ir> (\uu\\ mot de nous a c( aussi bien effacés que les pas de cent mille hommes. (( L'Angleterre n'a [)lus à nous souj)çonner d'and)ition (( en r^pagne. La Kussie a le temps de rellécliir >ur (( la seule revendication désintéressée qui s'elè\e entre (( ce grand empire et nous : la reconstruction consli-

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