‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 177 sur 216 · LIVRE QUATORZlf:ME · texte numérisé non relu

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usé et répudié par tous les partis. Mais cet expédient était le seul qui pût amortir les chocs entre la représentation et le peuple de Paris et donner du temps à la reconstitution des forces et des moyens de salut. Le prix qu'il donna pour acheter ce temps, ce fut lui-même. 11 ne s'en repentit jamais, malgré le jugement universellement contraire qu'on porta de sa conduite. En se rendant à l'Assemblée pour accomplir sa résolution, il rencontra un groupe de représentants républicains sur la place de la Concorde, ils le conjurèrent de céder à leurs instances et de se laisser investir du pouvoir unique : « Non, leur dit-il, j'ai bien réfléchi. Il y a un « abîme que vous ne voyez pas entre l'Assemblée « nationale et le jour où la République sera armée. Il « faut un Déciuspour le combler. Je m'engloutis, mais (( je vous sauve. » Et il entra dans le palais de l'Assemblée nationale.

L'Assemblée, longtemps rebelle, ftnit par adopter à sa voix, de lassitude plutôt que de conviction, ce parti, mauvais, mais nécessaire, d'une commission executive composée de cinc} membres nonunés au scrutin, pour exercer le pouvoir intérimaire juscju'à la constitution déllnilive du pouvoir constitutionnel.

Ce scrutin témoigna inunédiatenuMit i\ Lamartine qu'il avait perdu la conliance d'une grande partie de l'Assemblée nationale par h; sacrifice même qu'il fai-

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sait de sa popularité et de son ambition. Son nom , sorti dix fois de l'urne des départements avec plus de deux millions de suffrages, ne sortit que le quatrième de l'urne de l'Assemblée constituante. On le punissait de son dévouement, on se vengeait de ce qu'il ne voulait [)as servir Timpatience et l'aveuglement de sa patrie. Il courba la tête et accepta le signe de son impopularité (jui commençait.

L'Assemblée avait nommé IMM. Arago, Garnier- Pagès, Marie, Lamaitine, Lcdru Uullin, membres de la connnission executive.

Les mendjres du gouvernement se réunirent chez leur j)résident, M. Arago. Ils nommèrent les ministres; les choix furent inspirés par le même esprit de transition, de prudence et de fusion (jui avait aninjé la résolution de Lamartine. M. Crémieux eut la justice, M. iiastide les affaires étrangères, ]\I. Jules Favre, talent supérieur de })arole, intelligence pénétrante et multiple, fut adjoint à ce ministre comme sous-secrétaire d'Etat pour soutenir les discussions si difficiles et si fréciuentes sur les intérêts extérieurs du pays. 1\L Charras, en attendant l'arrivée du général Cavaignac, administra la guerre, 31. l'amiral Casy la marine, IM. Hecnrt l'intérieur, avec M. Garteret, esprit d'élite, j)Our sous-secrétaire d'Ltaf, IM. Trélat h's travaux j)ublics, nnnistère dont les ateliers nationaux faisaient en ce moment un ministère politicpu^ M. Flocon Tairiiculture et h^. connucrce, M. Hcllnnonl les cultes, M. (]arnot l'instruction publi(|ue, où il était secondé

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