LIVRE QUINZIÈME. -i
Il leur répondait avec calme et avec sévérité; il leur montrait du geste les scandales de l'enceinte violée ; il leur annonçait l'indignation et la vengeance certaine des départements outragés dans leur représentation, et la guerre civile inévitable, s'ils ne se réprimaient pas d'eux-mêmes en se retirant et en signant un acte de repentir et de réparation à l'Assemblée. Ces paroles trouvaient partout des échos. Le peuple ne semblait demander qu'à se retirer et à réparer sa faute, un petit noml)re seulement de démagogues et d'agents forcenés des clubs, pcipétuaient les tumultes, portaient en triomphe, de salle en salle, Louis Blanc, accompagné do Barbes et d'Albert.
Louis Blanc, quoi qu'on en ait dit depuis, paraissait plus humilié que satisfait de ces triomphes subis , plutôt qu'obtenus sur la décence publique. Lamartine, qui fut toujours coudoyé dans ce tourljillon de l'émeute par les ovations de son ancien collègue et de son adversaire, entendit du sein de la foule plusieurs des allocutions de Louis Blanc. Ces paroles respiraient la joie de voir le nombre et l'enthousiasme des socialistes imposer le respect à leurs ennemis et se canulcriser en puissance d'opinion irrésistible ; mais tout en les félicitant, ils les conjurait de se retirer, de se modérer et de rendre la liberté à la re|)résentati()n générale du peuple. Le général Courtais, passant de, groupe en groupe, ne cessait (ra(1r(\-s(M' hs mêmes adjurations.
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!\Iais pendant (jue Lamartine haranguait de salle en salh; la Ibulc de plus en plus flexible à sa voix, les cliels des clubs se disputant la tribune, y montaient, y lisaient des pétitions et des discours; Blancjui, applaudi par ses sectaires, y appelait par une fatale rivalité de popularité Barbés son ennemi et jusque-là plus adversaire que complice des séditieux. Enlln, un conspirateur j)lus entreprenant nommé Huber, visage avéré dans toutes les agitations extrêmes du peuple dej)uis leviier, |)roclamait la dissolution de la représentation nationale et le gouvernement révolutionnaire.
Applaudie par les hordes (jui se i)ressai(Mit autour (h; la liibniie, cette motion lut proclamée de bouche en bouche comme un plébiscite. Les membres de l'Assemblée se dispersèrent pour aller chercher justice et vengeance dans le sein de la garde nationale et du véritable I\iris. Les factieux j)récédés de Bar])ès et leurs com[)lic(*s niaichèrent en colonne sur TlicMel de Ville, s'en emparèrent sans résistance, cl s'y entourèrent de Imil mille hommes armés, les uns complices, les autres spectateurs entraînés des triom[)hes des factions,
A ce moment, Ledru Rollin letcMiu pai- les séditieux dans une loge de concierge^ du |)alais, et sollicité paieux de les suivre à rilotel de Ville, et d'x acceptei' la place (pion lui avait décernée dans ce gouvernement,