‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 189 sur 216 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

quai. Des dragons vinrent annoncer que rHolol do Ville était formidablement défendu, que les conjurés avaient du canon et qu'on apercevait aux fenêtres des préparatifs de décharges meurtrières sur la colonne, quand elle déboucherait du quai sous le feu de la façade. Lamartine fait dire au général de faire avancer une seconde colonne par les rues qui sont parallèles au quai et qui débouchent du côté opposé au fleuve sur la place : môme manœuvre encore que celle du 9 thermidor, quand Bourdon de FOise marcha sur Robespierre par ces rues latérales, pendant ({ue Barras marchait par le quai.

Enfin, après un moment donné à l'exécution de ce mouvement, Lamartine et son collègue débouchèrent à cheval en tête de la colonne d'attacjue sur la |)lace de Grève, aux cris de Vive la représentation nationale ! Un mouvement de confusion les sépara. Les artilleurs et les gardes nationaux qui entouraient Lamartine le conjuraient de descendre de cheval , de peur que son élévation au-dessus de la foule ne le fît choisir pour but des décharges ([u'on s'attendait à recevoir au pied de rédilice : « Non, non, s'écria Lamartine; si (|uel- « qu'un doit tomber le ])remier pour la cause de « rAssend)lée nationale, c'est moi ! » et il tnivcisa, sous un rideau de baïonnettes, de sabres et de drapeaux, la place. Son cheval ne marchait plus, il était soulevé et porté jus(juo dans la tour du palais. Pas un coup de fusil n'avait elc tiic.

Les içardes nationaux (jui a\ aient di'\anci' la tète

iM RÉVOLUTION DE 18 48.

do colonne, et les gardes mobiles se précipitèrent à l'assaut des escaliers. Ils s'emparèrent déjà sans résistance de Barbes et de ses complices. Ce fut une mêlée sans combat. On ignorait en bas ce qui se passait en haut; on s'attendait à des scènes tragiques de résistance désespérée, de meurtres ou de suicides comme ceux qui signalèrent l'arrestation d'IIenriot ou de Coullion. La foule était tellement épaisse dans la cour, que Lamartine ne pouvait descendre de son cheval. « Parlez-nous ! parlez-nous, » lui criait-on en élevant les mains et les armes vers lui.

« Citoyens, s'écria Lamartine, la première tribune « du monde, c'est la selle d'un clieval quand on rentre a ainsi dans le palais du peuple, entouré de ce cortège « de bons citoyens armés, pour y étoulVer les factions (( d(Mnag()gi(pies et ])0ur y réinstaller la vraie Uépu- « l)li(|U(3 et la représentation nationale avec vous! »

VÏIL

Lamartine, après ces paroles , fut moins entrahié (pie porté sur les bras des gardes mobiles, des gardes nationaux et des citoyens, à travers les vestibules, les escaliers et les corridors, jus(|u'à une |)etite salle du premier étage où la même allluenco, le même tumulte, les mêmes armes et hi inême exaltation regnaicMit.

Quel(pi(»s-uns ih^s cIkHs do rinsurnHMion, et liarbès leur complice par (Mitraînement, étaient déjà (Mifermés dans une pièce voisine. Ils n'avaieul lail aucune résis-

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