‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 190 sur 216 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

tance, la promptitude de résolution et la rapidité de la marche de la colonne d'attaque dirigée par les deux membres du gouvernement, n'avaient pas laissé aux conspirateurs le temps de grossir leur nombre, d'appeler leurs partisans, et d'organiser leur défense. Les cinq à six mille hommes qui étaient entrés avec eux à l'Hôtel de Ville s'étaient débandés et dispersés à l'aspect des premières compagnies de garde nationale à pied et à cheval et des dragons de M. deGoyon, colonel actif prenant ordre de lui-même et adoré de son régiment.

Réunis en conseil tumultueux dans la salle de toutes les révolutions à l'Hôtel de Ville, leur triomphe n'avait duré que deux heures. Ils les avaient employées à so constituer par une sorte de scrutin populaire en dictature révolutionnaire collective, composée de Barbes, Louis Blanc, Albert, Blanqui, Raspail, Huber, Sobrier, Proudhon, Pierre Leroux, Cabet C'était le gouvernement des clubs proscrivant le gouvernement de la nation, la coalition des sectes contre la représentation du pays. Beaucoup de membres de ce gouvernement ignoraient même ([u'on avait usurpé leurs noms. Lamartine et Ledru Kollin signèrent révolutionnaircment aussi et sans autre titre que l'urgence et la \indicle publique, l'ordre d'arrêter les conjurés présents, et de les conduire à Vincennes.

Mais la foule inunense et armée qui se pressait de minute en minute sur la place, et Tindignalion de Paris ({ui s'exaltait par riioncni-c^t par la répression soudaine

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de l'atlentat , firent craindre à Ledru Hollin, à Lamartine et à Marrast, que les coupables ne pussent traverser impunément pendant le jour les rues et les places soulevées contre eux. Ils ne voulaient pas qu'une révolution pure jusque là fît couler une j^remière goutte de sang, même le sang de ceux (jui avaient voulu la corrompre et la souiller. Ils savaient que la pire des corruptions pour un [)eui)le, c'est la corruption par le sang versé sous ses yeux. D'accord avec M. Marrast, (jui était resté intrépide, quoicjue emprisonné |)ar la sédition dans rilotel de Ville, ils pourvurent de sang- IVoirl à ce dangci*, en ordonnant (jue les prisonniers ne fussent conduits (|u'à une heure avancée de la nuil et sous une forte escorte à Vincennes.

Ces mesures prises, la foule croissante et tumultueuse dans le palais sépara les deux mendjres du gouvernement.

Lamartine se liàla de sortir i)our aller rassurer TAsscmblée nationale en peiinaiience. Pendant le jxmi d'inslants (pi'il a\ail |)asses à lllotel de Ville, la place et les f|uais s'étaient couverts de baïonnettes de toutes les légions de Paris. De ses (1<mi\ chevaux (juil a\ait envoyés chercher cluv. lui jiendant lu Fniirclic de la colonne, l'un, moule p;ji- M. de l'oibin .lanson, avait été arrêté avec ce brave \olontaire, (ju'on avait |)ris pour un insurgé et jeté an eaeliol ; l'autre, monte |)ar un

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