‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 193 sur 216 · LIVRE QUINZIÈME. 42i · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME. 42i

les deux négociateurs tombe au milieu des vingt mille gardes nationaux faisant le blocus de la Préfecture. Ils reconnaissent Lamartine, ils l'arrachent de la voiture, ils le couvrent d'acclamations, ils l'étoufleut d'enthousiasme, ils l'entourent d'une telle foule et de tels transports, qu'il ne peut traverser de longtemps le pont pour aller les passer en revue et les exhortera la concorde. Tous les rangs se rompent à son nom et se précipitent vers lui aux cris de vive Lamartine. Il est obligé pour se soustraire à leur ivresse de se réfugier dans une rue latérale. La foule des gardes nationaux s'y élance sur ses pas; il échappe difficilement à la multitude en se jetant dans une maison d'imprimeur. Quelques officiers barricadent la porte en dedans contre l'élan passionné de la garde nationale et du peuple. Là, il fait appeler successivement quelquesuns des commandants; il les charge de répandre le bruit d'un accommodement prochain dans les rangs; l'irritation se calme dans les assaillants. Caussidièrc, de son coté, raisonne et apaise les .Montagnards; le général Bedeau les dissout sans concession et sans résistance : le sang de Paris est encore une fois épargné. Le 15 mai imprime plus de confiance à l'Assemblée nationale et plus d'énergie au gouvernemenl. On louvoie encore, mais des mains plus fermes tiennent le timon.

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Le général Cavaignac, à son arrivée à Paris, reçoit le ministère de la guerre qui Tattendait, comme on l'a vu plus haut. Il s'en saisit avec cette assurance ferme, (juoi(]uc modeste, qui indique dans un lionnne la conliance dans son aptitude. Lamartine, (jui prévoit des journées prochaines et inévitables à rétablissement de la lU''pul)li(|ue placée à son berceau entre deux natures d'ennemis, étudie d'un coup d'œil le général et n'hésite pas à se confier du salut de la Uépubliciuc à son caractère. 11 le presse de proliter de la j)opularité de son nom et de demander au gouvernemont les forces disciplinées suffisantes pour couvrir l'Assemblée nationale contre les tentatives prochaines des factions. On évalue de concert ces forces à cin- (juante-ciiKi mille baïonnettes dans Paris , savoir : quinze mille hommes de garde mobile , deux mille six cents hommes do irarde républicaine épurées et réorganisée, deux mille ciiupiante gardiens de Paris, vingt mille hommes de troupes de ligne tlans les casernes; enfin (juinze mille hommes de troupes do ligne dans la division de Paris, pouvcint être rendus en (jnelques heures sur le chanij) do bataille.

Ces précautions militaires plus (jue suffisantes , vivement nVlamées par Laniarliiu^ . n'c'^prouvèrent aucune o[)i)osirK)ii dans le cousimI. TouI 1(> monde y Noulail, avec- la même sincérité, une lU'[)ubli(iue forte-

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