‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 194 sur 216 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

ment armée contre l'anarchie, danger des Républiques naissantes. On supposait toujours au dehors enlvjd les membres du gouvernement, entre Lamartine et Ledru Rollin surtout, des dissentiments et des divisions : ces divisions n'existaient plus depuis le grand acte de concorde qui avait rallié à l'Assemblée nationale les trois principales nuances du gouvernement républicain, moins les socialistes. Tous les membres du gouvernement et tous les ministres avaient non-seulement le môme devoir, mais le même intérêt d'ambition à servir loyalement la République, le gouvernement et l'Assemblée. Les dissentiments énergiques et profonds qui, avant cette période et depuis, séparèrent les pensées et les sentiments de Lamartine , des pensées et des sentiments de quelques-uns de ses collègues, ne doivent pas déteindre sur la vérité de l'histoire. Lamartine ne vit pas alors un seul symptôme qui n'attestât dans tous la plus parfaite identité de vues et la plus irréprochable loyauté de concours pour raffermissement régulier de la Ré[)ublique. Il n'y avait pas d'alliance, mais il n'y avait pas d'ombrages.

Il n'en était pas de même de quelques agents de l'administration et de quelques membres de l'Assemblée nationale» autour du gouvernement. On entrevoyait dans leurs actes un esprit de secte, de prosélytisme personnel, et d'accaparement de la Répnl)li(pie dans leurs mains et dans les mains de leurs amis : esprit de prosélytisme étroit, jaloux, p<Mit, et tout à fait contraire au véritable es[)rit de gouvernement. Il

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n'écliappail point à Lamartine que les choix administratifs se conccrtaienl et se faisaient d'avance dans ces cénacles de gouvernement : ils étaient souvent contraires à ses vues; mais indilTérent aux hommes, et sans aucune prétention de prédominance personnelle, il allecta de ne pas voir pour ne pas diviser.

La revue préparée par le gouvernement en T honneur de l'Assemblée nationale, et remise par suite de la sédition du 15 mai, eut lieu au Champ-de-Mars, le 21 mai. Trois cent mille baïonnettes et dix mille sabres enlacés de lleurs délilèrent devant l'estrade occupée par TAssemblée, les ministres et le gouvernement. Un seul cri de Vive l'Assemblée nationale cl la Répul)liquo s'éleva vers le ciel (le[)uis huit heures du matin jus(|u'à la nuit. Ce fut l'adoption (\r l'Assemblée |)ar le peuple, par l'armée, par la garde nationale, le sacre de la souveraineté républicaine.

Cette fête donna le sentiment de leur iiuiolabililé aux re[)résentants, et de sa force à la patiie. Lamartine y assista; il y r(M;ut (Micore (jU(*l(iues acclamations et (juehpies C()in()iuu3s de chêne des m;uns des gardes nationaux v\ du |)eu|)le des départem(Mits. Mais déjà sa popularité aussi rapide dans sa eliule, (prelle a\ait été liMite à monter, S(^ i)erdait sous les ressentiments du parti d(* la monarchie décluK*., sous les ingratitudes des prol(3taires et sous les agitations menaçantes des aie-

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