‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 195 sur 216 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

liers nationaux. Les uns lui reprochaient de ne leur avoir pas rendu un trône, les autres de ne pas avoir mis l'Assemblée nationale sous le joug, et de ne pas leur livrer la société.

Il faut le reconnaître , la situation du gouvernement était fausse, et cependant fatale. L'unité lui man(|uait, et la nécessité de ne pas couper la République au commencement en deux partis hostiles , rendait impossible alors le rétablissement immédiat de l'unité. Tout gouvernement collectif est faible, indécis et vacillant, parce qu'il est irresponsable. La responsabilité collective est anonyme, et la responsabilité anonyme n'existe pas. Sans doute, si un seul homme eut été alors à la tête du pouvoir exécutif, il aurait pu prévoir, [)ouivoir, et vouloir, avec une bien autre énergie, que ces cinq hommes obligés de combiner entre eux leurs intelligences, leurs opinions, leur action : ces cinq hommes ne se le dissimulaient pas à eux-mêmes ; ils se sentaient de plus écrasés entre l'Assemblée nationale qui leur demandait le rétablissement de Tordre sans transition , et les événements convulsifs d'une immense révolution qui leur commandait des prudences et des ménagements , de peur d'amener un choc inévitable avant d'avoir la force d'y résister. Aussi ce goiiNtiiicment n'était-il et ne pouvait-il être autie chose (jirim intérim péniblement accon)j)li parciMix (ini en avaient

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accepté la mission iiit^Matc et impossible. Combler Tabîme trun mois ou deux entre la révolution terminée et le pouvoir constitutiounel mis en vigueur; subir la responsabilité do l'Assemblée nationale devant le peuple, et du peu[)lc devant TAssemblée nationale; mécontenter les deux; parer jour par jour aux difficultés; préparer les éléments de force au pouvoir futur; résister aux derniers assauts des factions dépossédées et déses[)érées par rinslallation de la souveraineté nationale; voir venir de prochaines et menaçantes insurrections, les suspendre le j)lus lon2:tomps possible, leur faire face le jour où elles éclateraient, périr do responsabilité dans la défaite, ou d'ingratitude dans la victoire , tel était le rôle tout tracé do ce gouvernement de temporisation. Il n'était beau dans le cœur de ceux (jui s'y étaient dévoués , que parce (ju'ils l'avaient apprécié d'avance, et que leur prétendue and)ition dans ce moment n'était qu'un sacrilice volontaire et méritoire de leur popularité, un martyre de leur nom.

Aussi ne m'étendrai-je pas sur les actes de la commission executive. Ils furent une interposition active, vigilante, désintéressée, souvent inefficace entre les soulèvements du peuple et l'Assemblée. Ihi nuago chargé de tempêtes était sans cesse devant les yeux du gouvernement : ('\Mai(Mit les alcIicMs nationaux.

Cette armée de cent vingt mille ouvriers composée en grande |)artio d'oisifs et d'agents turbulents, était le dépôt do misères, d'oisiveté, de vagabondage, do

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