LIVRE ouixzifiMr:. m
faction prolétaire, ne cessa pas crenvenimer l'esprit des ateliers nationaux.
Lamartine sentit le danger : il résolut de le combattre avec énergie, avant qu'il eût pris des proportions irrésistibles. Il était ennemi des proscriptions, mais non des précautions sévères qui, en éloignant temporairement un individu, préservent une institution et un pays. 11 prit auprès de ses collègues l'initiative du décret qui tendait à maintenir pendant la fondation de -la République l'ostracisme du prince Louis-Napoléon Bonaparte. C'était, de tous les membres de cette dynastie proscrite, celui qui était le plus signalé par la faveur populaire. Héritier d'un trône impérial en vertu d'un sénatus-consulte, ce prince [)eu connu et mal représenté alors en France, était le seul qui eut tenté de faire valoir ce titre à la souveraineté de la France par deux tentatives qui avaient à la fois répandu et exilé son nom.
Le gouvernement tout entier [)artageant la sollicitude de Lamartine pour la Hépubliijue, signa le décret. Lamartine porta le décret à l'Asseniblée ; il se |)roposait de le lire à la Un de la séance. Une discussion sur l'intérieur l'amena inopinément à la trihune. Pendant qu'il y répondait à un discours (r()|)position, on \iiit lui aimoncer que les attr()ui)ements bonapartistes couvraient la place d(î la Concorde, cl (lu'nii coup (\i' feu
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tiré sur le comniandaiit i^^énéral Clément Thomas, venait (le percer la main d'un de ses officiers. Lamartine indigné suspendit son discours, tira de sa poitrine le décret de proscription temporaire de Louis-Napoléon, le plaça sur la tribune, et reprenant la parole :
« Citoyens, dit-il, une circonstance fatale vient d'in- « terrompre le discours que j'avais riionneur d'adresu ser à celte Assemblée. Pendant que je parlais des (( conditions de reconstitution de l'ordre et des garante ties (|ue nous étions tous disposés à donner au raf- « fermissement de l'autorité, un coup de feu, plusieurs « coups de fusil, dit-on, étaient tirés, l'un sur le com- (( mandant de la garde nationale de Paris, l'autre sui* « un des braves officiers de farmée, un troisième enlin, « assure-t-on, sur la poitrine d'un officier (\c la garde « nationale. Ces coups de fusil étaient tirés aux cris « de: Vive l'Empereur !
« Messieurs, c'est la première goutte de sang (|ui ail « taché la révolution éternellement ])ure et glorieuse « du 24 Février. Gloire à la population ! gloire aux {( différents partis de la République! du moins ce sang (( n'a pas été versé ])ar leurs mains. Il a coulé, non « pas au nom de la lilx^rlé, mais au nom du fanatisme « des sou\(Miirs niililaiivs, (>t (finK» opinion nalui'dh^- « ment, (jU()i(jue involontairement peut-être, enncMuie « invétérée de toute républicpie.
« Citoyens! en rléplorant avec vous le malheur cpii « vient d'arriver, le gouvernement n'a |)as eu le tort « de no s'être |)as armé, autant (ju'il était en lui.
(( contre ces éventualités. Ce matin même, une heure « avant la séance, nous avons signé d'une main una- (( nime une déclaration que nous nous proposions de « vous lire à la fin de la séance, et que cette circon- « stance me force à vous lire à l'instant môme. Lorsque (( l'audace des factions est prise en flagrant délit, et « prise la main dans le sang français, la loi doit être « appliquée d'acclamation. (On applaudit unanimece ment.)
« La déclaration que je vais avoir l'honneur de lire « à l'Assemblée, continue Lamartine, ne porte autre (( chose que l'exécution de la loi existante. Il était « nécessaire pour la vérilication des pouvoirs (pii « peut avoir lieu demain, il était indispensable pour (( que les esprits fussent préparés à la délibération « d'une autre proposition faite sur le même sujet, et « qui devait être discutée demain ou après-demain, il « était nécessaire, dis-je aussi, que l'Assemblée natio- « nale connût les intentions de la commission exécu- « tive à l'égard de Charles-Louis I^onaparte.
« Voici le texte du décret que nous vous propo- (( sons :
« La commission du [)Ouvoir exécutif^ vu l'art. 'A do « la loi du 13 janvier :
« Considérant que Charles-Louis-Napoléon iJona- « parte est compris dans la loi de liS.'Vi, qui exile du « t(;rritoire français les mend)r(S {\c la fainilh^ IJoua- « parte;
« Considérant que s'il a élé diTogé de fait à cotte loi