‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 201 sur 216 · LIVRE QUINZIËMli · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIËMli

calma que pour un jour les exigences et les turbulences des ateliers nationaux. Ces turbulences changeront seulement de drapeau.

Lamartine, appuyé par M. Trouvé-Chauvel, esprit ferme, et par l'amiral Casy, brave et noble militaire, conjura le gouvernement de résigner son pouvoir et de remettre à l'Assemblée une autorité alTaiblie désormais puisqu'elle était brisée par elle-même. Il insista plusieurs jours; il ne consentit à rester (jue le temps nécessaire pour subir la bataille prochainement annoncée par les ateliers nationaux.

Quelques mois après, l'éloignement temporaire que Lamartine demandait pour écarter Louis-Napoléon du berceau de la République, se changea en une élection par six millions de voix à la place de Président de la République. Les prévisions de Lamartine parurent, au début, heureusement démenties par ce premier magistrat. Lamartine se félicita d'avoir été trompé par ses craintes.

Les tentatives et les scandales de l'anarchie se multipliaient dans Paris. Le gouvernement y résistait avec les seules armes de la persuasion , de la vigilance, de la police et de la garde nationale. Les lois répressives anciennes étaient brisées, des lois d'ordre républicain n'étaient pas faites. Lamartine était con\aiii( ii que les scandales des clubs, du joiirn.ilisnie cl do la place publicjue étaient Us plus sùr(\s armes à laisser aux ennemis de la Ré[)ubli(jU(\ La Im-juicc (sI im pîj\s de décence; le scandale riiuniilie, et cHM|iii riminilic

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Ja (lésaffertionne. Il pensait ({iic la Uépuhliqiio no pouvait s(3 léi^Mtinicr (jiic par Tordre proinptenient rétabli , iiillcxiblemciit inainleiui. Il lallaiL rassurer a\aiit tout riinagiuatioii de la France.

Plein de ces idoes , il vint pro[)Oscr au conseil, ou sa démission, ou l'adoption d'une série de décrets temporaires nommés par lui lois républicaines de transition et destinés à pourvoir aux nécessités impérieuses de sécurité des esprits, do discipline, de force armée, et d'ordre, pendant la fondation toujours agitée d'une institution nouvelle, surtout quand cette institution est populaire.

« La physionomie de la l{épul)li(|uede[)uis(juelc{ues « jours m'arilig(i, dil-il à ses collègues. Je ne veux pas (( assumer sur mon nom la responsabilité d'une situa- « tion d(; faiblesse et de désarmement delà société, (jui « pourrait dégénérer en anarchie. Je demande deux « choses : des lois de sécurité publique sur les attrou- « |)cments, sur les clui)s, sur les abus du criage des « joniiiaux anarchi([ues, sur la faculté d'éloigner de u Paris dans leurs communes les agitateurs convaincus « (le (roubles publics, etenfm nii camp de \iii^l mille u hommes sous les murs de Paris, pour j)réter main- (( fort(î à l'armée de Paris et à la garde nationale dans (( la caujpagne certaine, imminente, (jue nous aurons « ine\ ilablemenl à fain^ contre les ateliers nationaux et « contre des factions [)liis coupabh^s (pn peuvent surgir « et s'emparer de cette armée de toutes les séditions. A '< aucun autre prix je no resterai au gouvernement. »

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