‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 202 sur 216 · LIVRE QUINZIÈME. i.VJ · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME. i.VJ

« — Ni nous non plus, » s'écrièrent unanimement ses collègues. jM. Marie, assidu, infatigable, énergique, fut chargé de rédiger les projets de décrets. Le général Cavaignac reçut l'invitation de combiner les mouvements de ses troupes de manière à pouvoir faire relluer sur Paris au premier ordre les divisions auxiliaires de l'armée des Alpes.

Ce général et Lamartine avaient de fréquents entretiens sur la nature des mesures militaires à prendre pour prévenir ou pour surmonter les périls croissants de la République. Peu de jours se passaient sans que Lamartine, à l'issue du conseil, ne s'informât du nombre précis et de la marche des troupes qui, d'après les ordres du gouvernement, occupaient les casernes ou les cantonnements autour de Paris, du nombre d'heures nécessaire pour que l'armée fut debout, et réunie aux postes convenus, entin du système de défense que le général se proposait d'adopter en cas de lutte dans la capitale.

Lamartine , instruit par la chute de tous les gouvernements précédents qui avaient péri pour avoir disséminé leurs bataillons sur tous les points de Paris , et pour avoir lutté avec des tronçons d'armée contre des masses, était convaincu qu'une lutte tlans une capitale de quinze cent mille âmes devait èlro une bataille conforme à toute la théorie des batailles en rase campagne, seulement sur un terrain plus accidente. 11 pensait donc (|ue l'armée devait avoir une base d'opération, un centre (ixe, et des ailes; (|uc chacun dan

corps d'opéralion devait pouvoir rayonner de cette base , ou se replier sur ce centre sans être jamais coupé (le sa réserve II avait interrogé avec précision sur leur pensée à cet égard depuis trois mois, tous les généraux (jui avaient eu une Ibrce (luelconque à manœuvrer éventuellement dans Paris, Négrier, Bedeau, Oudinot, Cavaignac; il les avait heureusement trouvés tous dans la même pensée que lui. Il soutint donc le général Cavaignac dans l'adoption de ce système contre le système contraire, soutenu par ceux qui voulaient considérer une insurrection comme une émeute, et la saisir partout sous peine de ne l'étouiïer nulle part.

« Ne vous y trompez pas, disait-il à ceux-là , nous « ne niarchons pas à une émeute, niais à une halaille, (( non seulement à une bataille, mais à une campagne (( contre de grandes factions. Si la Républicpie veut se « sauver et sauver la société, il tant (ju'elle ait les « armes à la main pendant les premières années de sa « fondation, et (prelle dispose ses troupes non-seu- (( lement ici, mais sui* la surface de Fempire, dans la « prévision de grandes guerres civiles , (|ui (Mid)rassent (( non (l(s (inailicis de Paris, mais des provinces, u comme aux jours de César el de Pom[)ée. »

II interrogeait de |)lus fré(juen)nuMil siii* relVectif de Paris, le sous-secrétaire (PKtat de la guerre Cliarras et le général de division Fouclier. Leurs réponses lui paraissaient j)I(Mn(Mn(Mil ia>siiianles. La calomnie a accuse de négligence le gouvernement à cette époque; ces officiers et ces généraux auraient pu accuser, au

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