‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 22 sur 216 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

face ainsi an dehors et au dedans tout à la fois. Enfin, il demanda une armée de cent mille hommes distribuée sur le Rhin et destinée à observer l'Allemagne et à se relier à l'armée du Nord de trente mille hommes, pour couvrir nos frontières ou pour les franchir, selon que les mouvements de la Belgique, de la Prusse ou de l'Autriche nous indiqueraient des précautions ou des actes.

Le gouvernement provisoire adopta toutes ces mesures. Il créa un comité de défense composé des généraux les plus éminents, sans acception d'opinion. L'armée française était au-dessus du soupçon. Le sentiment de reconnaissance que quelques-uns de ses chefs pouvaient garder envers les princes s'effaçait devant le sentiment de la patrie. Le gouvernement ne leur demanda pas s'ils étaient républicains; il savait qu'ils étaient Français.

Le maréchal Bngeaud avait écrit dès les premiers jours à Lamartine en termes dignes de son caractère et de son rang pour adhérer à la République. Lamartine lui avait répondu que la République était la France; qu'elle était hère et forte de tous ses enfants ; qu'elle espérait n'avoir pas à tirer l'épée, mais que si on la tirait contre elle, elle confierait le point le plus imj)ortant, c'est-à-dire le Rhin, à un général dont le nom, la bravoure et les talents étaient chers à Tarméc et

4i RKVOU'TION DH 1S4H.

iiii|)n«>iml pour riùiropc Le iiKircclial coiiiprciiail de liii-iiK'iiH' ([tic sou iol(' ilans le liouvcrneinenl actuel II»' pouNuil (''hc jnslirK' (|iie par la guerre. F/attacheinv.nl récent (pi'il avait montre à la royauté bannie, les services (juil lui avait rendus, la franchise militaire de ses regrets, cidiu la susceptibilité du peuple, et la réserve obligée du gouvernement lui-même, commandai(Mil au maréchal Hugoaud un éloignement temporain^ jus(ju'au jour où la Républi(|ue, ratifiée par rAssend)lée nationale, ne tenterait plus un général du rol(* décrédité de Monck. >ïais le général I.amoricière, le géni'ral Oudinot, le général Bedeau furent a|)pelés à ce comité du gouvernement. Ces trois généraux n'avaif'ui pas hesit('' uu instant à se rallier à la Répuj)li(pie, après avoir satisfait à leur (l(>voir d'honneur envers la loyauté.

Le gouvernement assista plusieurs fois aux délibéialious (le ce comité de la guerre pour lui imprimer ses pensées, ses inspirations, son énergie. L'opinion de Lamartine étai! i\v ra|)pel(M- instantanément (juarante ou ciiKiuanle mille hommes d<^ l'année d'Africpie, forte aloi's de cent mille luMumc^s. M j)ensait (|U(^ cent mille li(tinnies en AlViipie, jiour cou\ lir uik* colonie encore peu lialiilef coiilre (jU(^l(|ues tribus sans chef, sans L'ouN eriKMncnl , sans armé(\ étaient au moins, en temps de crise, en Lurop(\ un luxe inulil(^ v\ oiUM'eux ; (juo cin(|nanle inillf lioinines sulViraienl pour contenir cette région : (jue >i nou> a\i(uis la guerre avec I AnglcttM're, ces cent nulle hommes, coupés de la

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