LIVRE NEUVIÈME. il
dans leurs foyers et prêts à servir de réserve sur nos frontières ou de force modératrice de la République au dedans. Il finit par réaliser cette idée plus lard. Votée par l'Assemblée nationale et abandonnée momentanément par les gouvernements qui succédèrent au gouvernement provisoire, cette idée eût donné à la République une force d'ordre partout présente au dedans, une force défensive promptement active au dehors. C'était, dans la pensée de Lamartine, la fédération perpétuelle des départements, de la propriété et de la société contre les factions antisociales et contre les coalitions antifrançaises.
L'armée, au 1"mars, se composait en effectif immatriculé de trois cent soixante-dix mille hommes, dont quatre-vingt-dix mille étaient en Algérie, sans compter les forces indigènes. Le nombre des combattants n'était que de trois cent trente-six mille hommes, dont (juatrevingt-deux mille en Algérie. Ce nombre paraissait suffisant pour les nécessités purement éventuelles d'un gouvernement qui était résolu à ne pas attaquer. JMais quand le gouvernement demandait aux généraux sui* quelles forces immédiatement actives il pouvait conq)ter soit pour une campagne sur le Rhin, soit |)0ur uuo expédition au delà des Alpes, le chiffre était tellement réduit par les garnisons, la défense des côtes, les colo nies, les non-valeurs, que le ministre dos allaires étran-
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gères et ses collr.i^uies frémissaient du riiiipuissance du pays, s'ils avaient été devancés par les événements. Gagner du temps, quoi qu'en disent les partisans de la guerre agressive, c'était donc gagner des forces ; c'était sauver à la fois le sang de la t^rance et les destinées lie la Répul)li(jue.
Le Lr(ni\(M'iienient , tout en gagnant du temps contre Ihjirope, n'en pei'dit pas ])Our Ini-niérne. Il résolut de porter l'armée à cinq cent (juatre-vingt mille hommes. Tous ses ordres, tous ses appels, tous ses achats de cluîvaux, tous les travaux da^ comités de défense, toutes les veilles des deux ministres de la guerre (jui se succédèrent , le général Subervie et M. Arago, tendi- Kiit à ce eliilVre. Cluujue semaine, cluu|ue mois nous en lapprochèrent. Le \'' avril, nous comptions trois C(Mil trente-liuil mille eondjattants; le 1" mai , trois cent (piarante-liuil mille; le 1'"'' juin, (juatre cent mille. L'exécution aussi lapidc (jue possible des mesures décrétées par le gouvernement provisoire, exécutées successivement j)ar M. Arago, par M. ('.barras, \)i\\' le général Cavaignac, par le général Lamoricicic, portèrent C(», chilVre, avant la lin de l'année, au delii (le cinq cent mille hommes; le nombre da^ ehe- \an\, (jui était de (piarante-si\ mille le I'"" mars , était de >(>i\anl(' mille* (Mi juilhM et de soi\anl(^-(juinze mille en n()\«Mnbi(\ La i:ar(l(> iiiobil<> et la garde républieainr, e()ij)s de eireonstanee, mais im|)ro\isés, armés, di>ei|tliii('>. i!ilie|)i(lr> ii\ aiil le l('iii|)>, inouïes, e(piipés, conq)osaienl en outie à I*aris environ \ iiigt mille