LIVRE NEUVIÈME
sévices de la loi auraient amené les résistances ries contribuables ; les résistances auraient nécessité les délations, les condamnations, les amendes, les incarcérations De là aux échafauds il n'y avait qu'un pas. Ce pas franchi, le sang coulait. La première goutte versée par la Révolution au nom de la République rouvrait les écluses de sang. L'humanité était sacrifiée, la Révolution pervertie, la liberté déshonorée, la France livrée au crime, le riche à la terreur, le pauvre aux guerres civiles, la République à l'exécration de l'avenir.
Ces idées sans cesse présentes à l'esprit des membres du gouvernement, et fortement reproduites dans le conseil par les hommes politiques et par les hommes de finances ne laissaient pas d'hésitation possible à la majorité du conseil. A la première mesure de cette nature qui aurait été décrétée, les hommes sages se seraient retirés pour en décliner le crime et la honte. Se retirer c'était livrer la République au hasard, Paris aux déchirements instantanés, la France aux licteurs. Nul n'y pensait sans frémir.
Cependant le trésor était sinistre à sonder. 11 ne pouvait se remplir à mesure qu'il se vidait que par des sources quotidiennes aussi abondantes et aussi intarissables cpie les pressantes nécessités qui le vidaient. Il y avait en caisse le 25 février 100 millions. C'était une somme très-inférieure à celle (ju(^ le Trésor contient ordinairement dans ce mois (|ui |)i(M'è(lr le mois de mars, où Ton [)aie la rente et sur lecjucl on
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ii(( imiiilu ordiiiairoiiicul les recettes. Si le Trésor ciit molli ic la moindre hésitation à accomplir ses engageriK'nts, le mot de banqueroute, synonyme de celui de I ni lie dans le peuple, aurait à l'instant couru sur toutes les houchcs, glacé toutes les imaginations, resserré tous les capitaux, fait fermer toutes les caisses, décimé Ions les impots. Nous touchions Técueil dans peu de jours. Il fiilhiit montrer de la conliancc [)0ur en inspirer-. L(; nom (Iti ministre des linances en donnait aux capitalistes et aux haïujuiers do Vdr'is. M. Goudchaux a\ail la pi'ohilé, l'obstination de scrupules, la droiture «Tintention, Texpérienee de crédit (^1 rintr(''|)idité d(} résistance à loiiles les a\(Mitiires de système et (lider. propres à l'assurer tout ce (pli i)on\ ail et d(^\ail r\\'i' rassuré dans la rt'iiion des alVaires. Il était ce (|ii"il lallail èlre en iiii |)ai"eil moment, la régularité liiiaiiciere au milieu de la révolution politique. Mais il a\ait le défaut de ses cjualités , le crédit timoré comme rànu». il s'alarmait troj) vivement des doctrini»s lancées témérairement par ccmix ipii, autour du .uouNernemenl, voyaicMil dans la tyrannie imposée aux capilaux ((MpTils app(^lai(Mil l'organisation du lia\ail. Les discours du socialisme industriel au Luxembourg, discours (pii s'évaporaient dans Tatmosphère du bon sen< de la 1 lance el des oumkms eux-méllies, lui cansaiiMil, comme surveillanl du Fresor, d'incessantes in>omnies.
Ces discours, en ellet , axaienl un fatal reteidissemenl bui les alfaiies. Les ouvriers s'y enivraient les