‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 4 sur 216 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Lamartine put quitter l'Hôtel de Ville pour aller prendre possession du ministère des affaires étrangères. Le ministre de l'intérieur et les autres ministres qui étaient à la fois membres du gouvernement , chargés des immenses détails de l'administration et de leurs diverses attributions plus urgentes, avaient pris dès le 24 au soir la direction de leurs départements. Les aflaires étrangères pouvaient attendre sans inconvénient que la France fut rassise. La présence du ministre en contact plus perpétuel avec le peuple avait été plus nécessaire au foyer de la révolution que dans le cabinet de son hôtel.

Le 27 il avait nommé M. Bastide sous-secrétaire d'État de son ministère. Il l'avait prié d'aller en son nom faire évacuer l'hôtel occupé par les combattants et préservé par un détachement de gardes nationaux de la V légion. Le zèle volontaire de ces citoyens, et le respect spontané du peuple pour les ressorts principaux de son organisation nationale avaient prévalu sur la colère contre l'habitation du ministre fugitif. L'hôtel avait été envahi , mais l'intérieur respecté; le personnel, le cabinet, les archives, étaient intacts. M. Bastide était un homme de sang-froid et de résolution ; son nom était popularisé par une longue opposition républicaine dans le Natioîial; il avait une réputation de probité; il la méritait. Le |)euple connaissait M. Bastide; Lamartine ne le connaissait pas avant le 24 février. Pendant les premiers tumultes iU' la première nuit, et les assauts du second jour, il avait été

tV.-ipjM' (lu hnii x'iis, (lo riiiipjissihilité d'un homme à l;i liiiiilc sliiturc, ;ni visnire sévère, à raltitude du soldai (|tii ><• (Iniinc à lni-iii(''ni(» une consigne. Il avait pr'nsr (|ue cet liDuirnc serait nn auxiliaire |)récieux Jiiii- une révoliilinu (|iii allait rli(> un cf)nd)al de tous les jniirs ri de plusiciiis niois contre la démairoirie et dont les chefs vonhiicnt rester purs ou moniii'. Il a\ait calcule (le phiN (|U(^ le norn (1(^ Bastide répu])licain «raiiciriinr date par sa notoriété dans son |)arti cou- \ rirait le uofu de l.auiailine dont le républicanisme puii'UKiil phil(»s()|)hi(jueju>(jue-là serait promptement suspect à la iuultitu(h\ Sous les yeux de Bastide, aucune lrahi>()n de la Hepuldiipie n'était à craindre. Le ministre pouiiait modérer la rexolution dans ses rapports avec ri']ui'(tpe, nMenir la i^ucM're , sauver le saiiiu' de la l'iauce et de riiurnanité sans être accusé de livrer la i-evolutiou. Uastidc^ avait accepté avec modesti»' un j)()sle (pii lui paraissait au-chssus de ses forces, yuant a son aruhiliou il ir(>n a\ait d'autre nue celle de servir sa cause et de lui saciilier sa paix v\ son sanc;. Ses |)ai-oles, sou caracleit^ louchèient Lamartine connue s'il («ùt reliouxe la slahu* un j)eu truste de l'incorruplihilile d;ins uu leui|;s d'iulriij;uc , de mollesse

''t de coiiiiplioii.

Lamartni.' put ^ui le cliauip .le hatadie le chef d(> ^ son cahinel parlicidier. C'elail Pa\er. (pn n'avait pas

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