‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 31 sur 216 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

de repos, afin que sa force restaurée suffise au coup qu'il va recevoir. Il monte au château à sept heures; il informe les aides de camp du roi et le duc de ^lontpensier; le roi dormait encore; sa famille le réveille; la nouvelle lui est ménagée et adoucie par la tendresse de la reine. Cette princesse a changé son courage pendant la lutte en résignation après le malheur. Un conseil de famille et d'amis s'ouvre autour du lit du roi. On décide que la famille royale se séparera pour échapper à un soupçon et aux émotions que des voitures remarquées ou des visages reconnus pourraient exciter sur les chemins.

On assigna pour rendez-vous à la reine et au roi une maison de campagne isolée et inhabitée appartenant à M. de Perthuis sur le cap d'Honfleur. De là on espérait trouver facilement des moyens furtifs d'embarcation et gagner la côte d'Angleterre. Le duc de Montpensier, la duchesse de Nemours et les enfants prendraient la route d'Avranches pour se réfugier de là aux îles de Jersey ou de Gucrnesey.

On laisse les voitures. Le sous-préfet en procure de moins suspectes empruntées aux habitants de Dreux; les vêtements les plus simples déguisent les fugitifs. Une calèche emporte vers Avranches la duchesse de Nemours ; le roi, la reine, une femme de chambre, un valet de chambre, et M. de Rumigny aide de canij) du roi, montent dans une voiture fermée. La reine, (jui avait commandé pour le matin une messe dans la chapelle sur le tombeau de son fils, ne put même faire ses

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prières (radicu à ces cendres. L'heure pressait; le s()u>-pFéfet (le Dreux jiart avec eux sur le siège de la \uiture; ils [)rennent la roule d'Anet et de Louviers.

Arrivé à Anet , premier rclai de poste , le roi est reconnu et salué avec respect. M. Maréchal lui procure huit ou dix mille francs en or et des passe-ports sous des noms supposés.

A Saint-André, les clievaux se font attendre; le peuple rassemblé pai' un jour de marché soupçonne et inspecte à dislance la voilure ; il croit entrevoir M. (ini/.ol. Vu cri s'élève : c'est (iuizot, c'est Guizotî L'émotion se propage et devient menaçante. Le souspréfet, connu de (|uelques habitants de Saint- André, s'efforce de détromper la multitude; il fait des demiconfidences qui sont comprises et respectées.

Cependant trois hommes s'approchent et regardent an fond de la voilure; le roi s'y tenait à demi caché, il portail un bonnet noir labattu sur son fronl , des lunettes, pas de faux cheveux sur sa léte chauve. Ces hommes restent indécis et reviennent bientôt avec deux gendarmes; les [)asse-p()rls sont demandés; M. Maréchal les présente, prend à part un des gend;iiin(N, conlie à sa générosité le secret du salut du loi rt de la reine. I>e gendarme ému feint d'examiner 1rs pas>c-p()ils et de les trouver en règle. Les chevaux sont attelés, le roi pari.

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