LIVRE DIXIÈMF
ordre de s'opposer au départ du roi n'avait été donné par personne, et les instructions les plus contraires à toute mesure contre sa sûreté et sa liberté étaient dans les mains de ces agents.
Le navire partit. Il porta , pendant une nuit de rafales et par une mer terrible , le roi à Southampton où l'attendait l'hospitalité de son gendre, le roi des Belges, dans leur château royal de Claremont.
D'autres vicissitudes, résultat de la même erreur sur les intentions du gouvernement et sur la magnanimité du peuple, avaient, pendant quelques jours, signalé la fuite de la duchesse d'Orléans, de ses fils, du duc de Nemours, de ses enfants, et de la duchesse de Montpensier.
Nous avons vu que la duchesse d'Orléans , obligée de s'évader de la salle de la Chambre des députés devant la seconde invasion du peuple, s'était retirée avec le comte de Paris, IMM. de IMornay, Scheiïer, Lasteyrie , Gourtais, Clément. Admirable de présence d'esprit et de courage , M. de IMornay avait protégé son départ et sa course de la Chambre des députés à l'hôtel des Invalides. La voiture (\\n conduisait la princesse avait échappé aux regards du pcu|)lo. Le maréchal ^lolitor avait reçu la princesse, le comt(^ de Paris et le duc de Nemours dans ses ap|)artements pendant (juehjues heures, mais le vieux soldat, malade et
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troublé de la responsabilité des événements, avait témoigné, sur les dispositions des invalides, des doutes, et sur la sécurité de cet asile, des inquiétudes (|ui avaient profondément découragé la confiance de la |)rincesse et de ses amis.
Pendant que le maréchal faisait préparer un dîner pour ses hôtes , et (|U(' des conseils d'amis se tenaient autour d'elle, la princesse, qui avait sans cesse devant \cs yeux lesouvenirdela captivité du Temple et l'image de son fils remis aux mains d'un autre Simon, avait résolu de ne pas prolonger d'une heure son séjour aux Invalides. Elle partit , avant la lin du jour, avec son (ils, sous la garde de M. Anatole de Montesijuiou, |)Our le chûteaii de Ijgiiy, à cjuelcjues lieues de Paris.
M. Anatole de Montescjuiou , ancicMi aide de camp de remj)ereur, puis attaché à la cour de la reine Amélie, était un de ces caractères qui n'ont du courtisan (jue les grAces , mais cpii ont la bravoure du soldat, la chevalerie du poète, le dévouement de riionnéte homme. La [)iinces>e, j)rotégée par M. (h^ Montes(piiou , informée heure j)ar heure par ses amis de Paris de (ont ce (jiii |)ouvait intéresser son cœur de mère, suspendre ou favoriser sa fuite, (lassa |)lusieurs jours cachée au chAlcau de LigiiN . Klle y elail dé\orée d iiupiielude sur le sort de son second fils, le duc de (Ihailrcs.
Au moment ou la jjrincesse s'échapj)ait de la Chambre i\r> députes, elle avait été séparée de ses enfants |)ai' le peuple (ini inondai! les salles, les escaliers et