‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 51 sur 216 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

l)li(|iie. [.a France rougira quand elle coinpareia ce prix avec celui que coûtèrent à la France, en sang et en or, la première République, l'Empire, la Restauration , l'invasion de Bonaparte en 1815, la seconde Restauration et la révolution de 1830.

Garnier-Pagès avait pour couronnement de son plan le projet du rachat de tous les grands cliemins de fer par l'État. Les actions de ces cliemins de fer étaient tombées à des prix ruineux pour les compagnies qui les possédaient. En les rachetant à prix débattu et équitable, la République relevait à l'instant leurs valeurs par la garantie de l'État, et remettait à l'instant en circulation une propriété morte ou décréditée. Il restituait ainsi une fortune aux particuliers, au lieu d'une fiction dans leurs portefeuilles; il achevait les lignes, il affermait les exploitations, enfin il faisait un emprunt d'un milliard en plusieurs années hypothéqué sur cette valeur de trois ou quatre milliards.

Les compagnies demandaient elles-mêmes avec instance cette mesure de salut pour elles au gouvernement, pendant que d'autres l'accusaient de spoliation, afin d'élever plus haut le prix du rachat. Lamailine pressait de tous ses efforts l'exécution de cette mesure que suspendit trop longtemps le non-consentement des com[)agnies. Il [)révoyait trop que ce traité entre les compagnies et l'Etat, |)ossible avec un gou-

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vernemont concentré et dictatorial, deviendrait impraticable avec une Assemblée souveraine tiraillée en sens divers par l'influence des compagnies plus exigeantes. Le délai apporté à cette affaire fut la seule faute qu'il ne cessa de reprocher au ministre des finances.

Mais le gouvernement, (jui suffisait ainsi au paiement des intérêts de la dette et aux services publics, ne pouvait, sans créer un papier-monnaie, |)ayer à des échéances rapprochées la totalité des sept cents millions de capitaux de la dette flottante. On ajourna le remboursement des bons du Trésor et des caisses d'épargne; mesures tristes mais nécessaires, adoucies par des accroissements d'intérêt entre les mains des créanciers et par des remboursements partiels et morcelés aux dépositaires indigents.

xvn.

Pendant (jue le gouvernement provisoire sauvai! ainsi la Képubliipie des consé(|uenc(s incalculables d'une baniiueroutc, le ministre de la guerre activait avec toute la puissance du trésor j)ul)li(' les mesures adoptées pour porter l'arnHH^ à la j)i()p()rlion de nos dangers extérieurs.

Les |>remicrs symptômes d'indiscij)line, résultat inévitable de l'anarchie momentanée de Paris le lendemain d'une révolution, n'avaient pas tarde à se réprimer d'eux-mêmes. Les soldats, un moment débandés, étaient rentrés «lans IcMirs régiments et

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