LIVRE DIXIÉMK
rai Courtais, a reçu asile pour la nuit à Télat-major de la place et que ses jours :ont en sûreté.
La nuit, le gouvernement, saisi d'horreur, délibéra avec indignation sur les conséquences et sur la répression de cet attentat. La garde nationale, en attendant sa réorganisation, n'existait plus que dans son étatmajor, dans ses cadres et dans quelques bons citoyens volontaires qui volaient d'eux-mêmes au danger : il n'y avait point de troupes à Paris. Laisser un pareil crime impuni , c'était abandonner les rênes de l'armée, sanctionner l'indiscipline et la sédition par l'impuissance d'arrêter les coupables; les arrêter au milieu de trois mille hommes qui avaient du canon, c'était tenter l'impossible et s'exposer à voir l'autorité du gouvernement brisée avec scandale dans sa main. Ce dernier parti, quoique désespéré, était cependant celui de l'honneur et du devoir ; le gouvernement le choisit.
Le ministre de la guerre, M. Arago, le général Courtais et M. Guinard , chef d'état-major de la garde nationale, se chargèrent de l'exécution. Ils rassemblèrent le lendemain quelques hommes de cœur, enveloppèrent le général Petit et se portèrent au Champ-de- Mars, où travaillaient deux ou trois mille ouvriers des ateliers nationaux. iM. Arago et le général Courtais haranguèrent ces ouvriers, leur racontèrent les outrages dont ce débris vivant de notre gloire avait été Tobjot de la part de cette milice indisciplinée, et leur firent sentir la nécessité de prêter secours au gouvernement
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contre des attentats qui cféshonoraient la nation et qui anéantiraient ratinée. Le sentiment et la raison [)arlaient alors fortenjent au cœur du peuple. Les ouvriers crièrent : Vive le yénéral! vive Arago! vive Courtais! lis s'offrirent à aller eux-mêmes imposer la réparation et l'obéissance à ces indignes soldats. MM. Arauo, Courtais, Guinard , entrèrent à la tête de ces hommes dans la cour de l'iiotel, réunirent les invalides, leur représentèrent leur honte et leur crime, tirent saisir et emprisonner sans résistance les principaux coupables, et réinstallèrent le général Petit aux acclamations de repentir et d'enthousiasme.
Cet acte et deux ou trois actes de même vigueui', accom|)lis |)ar le général Subervie ou par M. Arago, consolidèrent Tarmée et arrêtèrent toute tentatives do désorganisation dans les corps. Ces deux ministres, en ne doutant pas de leur autorité, l'avaient rendue désormais incontestable. L'armée, de son coté, rendait justice au gouvernement. Il ne permcMIait aucune inquisition sur l'opinion (1(N olTiciers ; il adoptait, au nom de la H(''publi(jue, tout ce (jui servait la patrie.
Ou \(Miait (radjoiiidic h» ininistèrf» de la guerre à celui de la iiiaiiiie (m»Ii(* les mains de M. Arago. ("et acte du gouvernement avait été une mar(jU(^ de déférence et de conliance méritée envers M. Arago, une injustice envers le général Subervie, une surprise envers qu(d(|ues-uns des nuMubn^s du gouvernement. Voici eommiMit eut lieu e(^ ehangiMucMit .
Depuis (ju(îl(]ues jours on s(î plaignait \aguemeiit du